Conforama: la direction confirme le projet de suppression de 1.900 postes en France

Conforama: la direction confirme le projet de suppression de 1.900 postes en France

Publié le :

Mardi 02 Juillet 2019 - 18:20

Mise à jour :

Mardi 02 Juillet 2019 - 20:28
©DR
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Par Laure BRUMONT - Paris (AFP)

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L'enseigne d'ameublement française Conforama, détenue par le groupe sud-africain Steinhoff, en proie à de graves difficultés financières, a confirmé mardi le lancement d'un plan de "transformation profonde et nécessaire" passant par la suppression de 1.900 postes dans l'Hexagone.

Ce projet passera par la fermeture de 32 magasins Conforama et de 10 magasins Maison Dépôt sur les 235 que compte le groupe en France, selon un communiqué de l'enseigne.

Un comité central d'entreprise (CCE), prévu mardi matin au siège de l'entreprise à Lognes (Seine-et-Marne), à l'occasion duquel ce plan de restructuration devait être détaillé, n'a pu se tenir "faute de la présence des participants", a appris l'AFP auprès de l'entourage de la direction.

"Le CCE a été déplacé à Torcy, dans un hôtel où il ne pouvait se tenir dans des conditions normales; l'ensemble des élus a donc refusé d'y participer", a précisé à l'AFP Jacques Mossé-Biaggini, délégué FO.

"Le calendrier et les modalités sociales de ce projet seront discutés avec les représentants du personnel dans le cadre d'une procédure d'information-consultation qui s'ouvrira le 11 juillet", a précisé la direction.

- 500 millions de pertes -

Pour expliquer la mise en place de ce projet de restructuration, elle invoque d'importantes pertes cumulées, de l'ordre de "près de 500 millions d'euros" en France depuis 2013.

Ensuite, l'enseigne a dû faire face aux "mutations profondes du secteur de la distribution et plus particulièrement celui de la distribution spécialisée", à quoi s'ajoutent une concurrence exacerbée et des modes de consommation qui évoluent rapidement.

"Dans ce contexte, notre enseigne ne s'est pas suffisamment adaptée et subit une forte baisse de rentabilité de son réseau de magasins", constate le groupe.

Enfin, "les difficultés financières de Steinhoff mettent en exergue une situation qui n'est pas viable", conclut le communiqué, d'où la nécessité de prendre "des mesures fortes et rapides afin d'assurer la pérennité de Conforama et de sauvegarder le plus d'emplois possible sur le long terme".

L'objectif est "un retour à l'équilibre dans les deux ans", selon une source proche de la direction, sachant que le groupe Conforama a réalisé un chiffre d'affaires hors taxes de 3,4 milliards d'euros en 2018.

- "D'une violence extrême" -

D'ici là, Conforama "s'engage à limiter, autant que possible, les conséquences sociales des évolutions envisagées et à tout mettre en œuvre pour accompagner au mieux ses collaborateurs".

L'annonce de ce plan a plongé les salariés dans l'inquiétude, plusieurs rassemblements spontanés ayant lieu devant des magasins, notamment au Pont-Neuf à Paris, l'un de ceux menacés de fermeture.

Refusant de travailler, une vingtaine d'employés ont voulu manifester, dans le calme, leur opposition à cette décision et ont poussé le magasin à fermer ses portes.

"On ne s'attendait pas à ça, la direction nous avait dit de ne pas nous inquiéter", déclare Amel Sbartaï, 42 ans dont 13 à Conforama, conseillère au rayon électroménager. "On nous disait que le magasin du Pont-neuf était la vitrine de Conforama: on nous a menti."

Les syndicats ont obtenu mardi la liste des magasins concernés par une fermeture, notamment ceux de Paris-Etoile, Vélizy (Yvelines), Calais, Grenoble, Montauban... FO a appelé l'ensemble des salariés à la mobilisation et à la grève illimitée.

"Des salariés sont arrivés sur un des sites qui va fermer, (ils) l'ont appris devant le magasin; c'est d'une violence extrême, c'est insupportable", a réagi sur LCI le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Créé en 1967, Conforama, dont le slogan "le pays où la vie est moins chère" a fait date, avait été racheté en 2011 par Steinhoff, après avoir appartenu pendant dix ans au groupe PPR détenu par l'homme d'affaires François Pinault.

Le groupe est l'un des partenaires-titres (sponsors) de la Ligue 1 de football, à laquelle il verse huit millions d'euros par an, un titre qu'il cèdera à la plate-forme de livraison de repas à domicile Uber Eats à partir de la saison 2020-2021.

La direction a commis "des erreurs de stratégie énormes, avec des investissements par exemple dans le foot là il aurait mieux fallu [les] faire dans la modernisation des produits et des magasins", a taclé Laurent Berger.

Municipale 2014

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