Coquilles Saint-Jacques: au Tréport, on craint de nouveaux incidents à brève échéance

Coquilles Saint-Jacques: au Tréport, on craint de nouveaux incidents à brève échéance

Publié le :

Jeudi 30 Août 2018 - 15:57

Mise à jour :

Jeudi 30 Août 2018 - 18:38
© LOIC VENANCE / AFP/Archives
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Par AFP - Le Tréport

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Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a émis jeudi la crainte que les incidents en Manche entre bateaux britanniques et normands autour de la pêche des coquilles Saint-Jacques ne se reproduisent "très vite, car tout le monde est super remonté".

"Ma crainte, c’est que cela se reproduise très vite, parce que je sens que tout le monde est super remonté. Ce qui s’est passé au large de la baie de Seine peut très bien se passer au large des côtes du Tréport et de Dieppe, très rapidement", a averti l'élu communiste, interrogé par l'AFP au sujet des incidents survenus dans la nuit de lundi à mardi, plus au sud.

Cinq bateaux anglais et 35 français s'étaient frictionnés dans une zone de gisement de coquilles Saint-Jacques. Entre fumigènes et injures, certains navires avaient joué aux bateaux-béliers, et trois embarcations présentaient des brèches, selon France 3 Normandie, qui a diffusé des images de l'altercation.

Vincent Lamidel, président de la commission Coquilles Saint-Jacques au Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Normandie, estime lui aussi que "la tension n'est pas retombée : les gars sont sur le qui-vive, ils surveillent Marine Traffic (un site internet spécialisé, ndlr), les positionnements de bateaux..."

"Les Français", a-t-il reconnu, "ont été assez virulents, mais ils ont des petits bateaux (comparé aux navires britanniques); les Anglais les ont abordés (...) Il y a quand même deux bateaux qui ont failli chavirer, il a failli y avoir des blessés, voire un drame. La réaction anglaise est complètement disproportionnée par rapport à la revendication française. Si, en tant que patrons pêcheurs, ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi des petits bateaux sont aussi motivés pour défendre leur territoire, pour moi ce sont des imbéciles".

De son côté, Mathieu Hagnere, pêcheur au Tréport, dit "soutenir" ses collègues du Havre: "Ils ont bien eu raison de faire ça, pour défendre ce qu’on préserve toute l’année. Eux viennent détruire ce qu’on préserve".

Le maire du Tréport a aussi critiqué un projet d'éoliennes off-shore, qui donne lieu à des travaux de carotage (forages exploratoires en mer), ce qui nuit à la pêche au chalut. Si, en plus, "on vient aussi taper dans la coquille et qu’on n'arrive pas à trouver de solutions, c’est clair que tout le monde va mettre la clé sous le paillasson", a-t-il prévenu.

Selon lui, la France "est sur une pêche raisonnée pour essayer de préserver l'espèce et en faire profiter les générations" futures. Or, "les Anglais sont en train de piller complètement les gisements."

Les pêcheurs normands, qui n'ont le droit de pêcher la coquille que du 1er octobre au 15 mai afin de permettre la reproduction pendant l'été, demandent aux Britanniques - dont la pêche n'est pas réglementée dans le temps - de respecter le même calendrier.

Des pêcheurs de coquille Saint-Jacques au large de Belle-Île-en-Mer, le 15 décembre 2016


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