Coronavirus: Buzyn suscite la polémique en affirmant avoir alerté l'exécutif dès janvier

Coronavirus: Buzyn suscite la polémique en affirmant avoir alerté l'exécutif dès janvier

Publié le 17/03/2020 à 17:17 - Mise à jour à 21:22
© Julien DE ROSA / POOL/AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Par Ambre TOSUNOGLU, Paul AUBRIAT - Paris (AFP)

-A +A

L'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn a soulevé mardi interrogations et critiques en affirmant avoir alerté dès janvier le Premier ministre sur la gravité de l'épidémie de Coronavirus et en évoquant "une mascarade" pour les élections, expression qu'elle a ensuite dit regretter.

Dans un entretien donné au Monde, Mme Buzyn raconte avoir "pleuré" lorsqu'elle a quitté ses fonctions gouvernementales le 17 février pour mener la bataille des municipales à Paris sous la bannière de LREM.

Un mois avant, "le 11 janvier, j'ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir", ajoute Mme Buzyn, médecin de profession, selon le quotidien du soir.

Face à la polémique qui monte, la marcheuse a confirmé mardi, dans un communiqué, s'être "adressée au Premier ministre en lui disant : +Si la France en arrive à être touchée par un pic épidémique alors il se pourrait que les municipales ne puissent pas se tenir+".

Mardi soir, le Premier ministre, interrogé par France 2, a lui aussi abondé en ce sens. "Dès le mois de janvier, la ministre de la Santé a dit que ce qui se passait en Chine était quelque chose qu'il fallait prendre au sérieux", et, "dès le mois de janvier", le gouvernement a pris des "décisions lourdes de rapatriement" des Français de l'étranger et "de confinement", a-t-il rappelé.

Agnès Buzyn prévenait alors l'exécutif que "si nous étions dans le pic épidémique à ce moment-là, alors il serait difficile" de maintenir le scrutin, des 15 et 22 mars. Mais, "beaucoup de médecins n'étaient pas d'accord avec elle", a-t-il expliqué.

Dans Le Monde, Agnès Buzyn reprend cette expression et confie que "la dernière semaine a été un cauchemar. J'avais peur à chaque meeting".

Selon des sources concordantes interrogées par l'AFP, dimanche, après le premier tour, elle s'est emportée: "Je veux mettre fin à cette mascarade des élections, ça suffit". Plus tôt dans la semaine, l'ex-ministre de la Santé avait même plaidé en vain pour un report du scrutin auprès d'Emmanuel Macron, selon ces sources.

Interrogée lundi par l'AFP, Mme Buzyn avait confié: "L'heure est grave... dans 15 jours, c'est la Bérézina à Paris!".

Mais elle "regrette" le mot "mascarade". "Mes propos concernaient le fait de débuter des discussions de fusions de listes électorales" pour le deuxième tour en pleine pandémie, assure Agnès Buzyn.

Dans ce communiqué, Agnès Buzyn se dit "totalement solidaire" avec le gouvernement, assure que "toutes les mesures anticipées ont été mises en œuvre pour assurer la sécurité sanitaire de nos concitoyens" lors du 1er tour.

"Ce sont les avis et les faits scientifiques qui ont - à chaque étape - fondé les décisions prises par le gouvernement", a-t-elle ajouté.

- "Propos irresponsables" -

Ses propos ont déclenché une tempête de critiques au sein des oppositions et sur les réseaux sociaux, y compris au sein du parti présidentiel. Une source parlementaire de La République en marche a fustigé auprès de l'AFP "des propos irresponsables" et prévenu: "Elle devra en répondre en temps voulu".

"Cet interview au Monde a scié les jambes de beaucoup de monde", résume un proche de la candidate. "Elle craque psychologiquement. Ce n'est pas parce qu'on a une intuition que, par ailleurs, on prend des décisions d'État", déplore-t-il.

"C'est par gros temps qu'on mesure qui sont ceux qui tiennent la barre", ajoute un cadre de la campagne. "L'heure est à l'état d'urgence plutôt qu'aux états d'âme".

La chef du RN Marine Le Pen a jugé les propos de l'ex-ministre "effarants" estimant que s'ils "reflètent la vérité, alors il s'agit d'un très grave scandale d'État".

"A-t-elle su et prévenu trois mois avant? Et dans ce cas, pourquoi rien n'a-t-il été fait?", a aussi interrogé le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Le vice-président des LR, Guillaume Peltier, a jugé ces déclarations "graves"; le numéro un du PS, Olivier Faure, a dit sa "sidération", tandis que son homolgue du PCF, Fabien roussel, y a vu "le plus laid visage de la politique, celui du mensonge, de l'opportunisme et de la lâcheté".

Arrivée troisième au soir du premier tour des élections municipales à Paris, loin derrière la maire PS sortante, Anne Hidalgo, et la LR Rachida Dati, Agnès Buzyn avait suspendu sa campagne en disant vouloir n'être "que médecin".

bur-pab-bat-jmt/ib/swi

Auteur(s): Par Ambre TOSUNOGLU, Paul AUBRIAT - Paris (AFP)


PARTAGER CET ARTICLE :


Agnès Buzyn le 15 mars 2020 à Paris

Annonces immobilières

Fil d'actualités Opinions




Commentaires

-