Covid: à Strasbourg, les services de réanimation s'arment face à la seconde vague

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Covid: à Strasbourg, les services de réanimation s'arment face à la seconde vague

Publié le 22/10/2020 à 18:52 - Mise à jour à 23:38
© FREDERICK FLORIN / AFP
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Auteur(s): Par Antoine POLLEZ - Strasbourg (AFP)

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Quatre lits disponibles sur 55: à l'heure où le couvre-feu est décrété, les services de réanimation des hôpitaux de Strasbourg, déjà très occupés par l'activité automnale habituelle, voient arriver la deuxième vague de l'épidémie avec appréhension, mais aussi davantage d'expérience.

Jeudi, dix patients Covid étaient en "réa". Un chiffre encore modeste au regard des pics observés en avril, mais qui représente un surcroît d'activité important et pourrait augmenter fortement dans les prochaines semaines.

"On voit progressivement qu’on a de plus en plus de patients Covid, on sent qu’on va doucement retomber dans une situation comparable à la première vague", confie Armelle Fieuvet, infirmière en réanimation au Nouvel hôpital civil (NHC), équipée d'une charlotte, de lunettes et d'une sur-blouse de protection.

Par rapport au printemps, l'activité saisonnière est nettement plus importante. "Nous sommes en période automnale, et sans compter la pandémie, nos services de réanimation sont déjà quasiment pleins", explique le professeur Ferhat Meziani.

Au 4e étage, tous les lits du service des maladies infectieuses sont déjà occupés par des patients atteints du Covid-19. En cas d'aggravation de leur état, certains devront être transférés en réanimation.

Cadre de santé, Florence Cionneau redoute "la vague qui arrive". "La première fois, c’était des heures éprouvantes, on a sursollicité les soignants, on leur a demandé de revenir sur les heures de repos pour aider. On se dit que revivre ça, psychologiquement, c'est compliqué".

-"On a appris"-

Alors, le CHR de Strasbourg anticipe : il a déjà prévu un plan de déprogrammation des activités dans d'autres services, en commençant par la pneumologie, la gériatrie et la médecine interne, afin de libérer du personnel en fonction des besoins.

"C'est d'autant plus important qu'aujourd'hui, toutes les régions sont affectées, donc l'entraide entre les hôpitaux va être très difficile", rappelle Ferhat Meziani.

De même, le CHR s'est doté du matériel qui lui faisait cruellement défaut il y a encore quelques mois. "Il y a eu des achats de respirateurs, de masques, de surblouses, de médicaments... On n'a plus de pénurie, nous disposons de stocks à quatre mois", assure Emmanuel Andres, chef du pôle de médecine interne.

Les équipes médicales comptent aussi s'appuyer sur les enseignements de la première vague pour améliorer la prise en charge des malades.

"On a appris de l'épisode précédent. On sait notamment que les corticoïdes permettent, dans un certain nombre de cas, d'éviter l'aggravation et le recours à la réanimation", avance Vincent Castelain, chef du service de réanimation médicale à l’hôpital Hautepierre. "On a moins de patients intubés, et quand ils le sont, cela dure moins longtemps".

Le recours aux anticoagulants a également permis de réduire le nombre d'embolies pulmonaires, même s'il n'a pas d'impact sur le virus en lui-même. Au final, la durée moyenne de séjour des malades du Covid-19 a ainsi été réduite de 30 jours "à une vingtaine", selon Ferhat Meziani.

- "Tsunami" -

Mais si les soignants se sentent un peu "mieux armés" désormais, ils concèdent aussi avoir accumulé de la "lassitude" et de la fatigue ces six derniers mois et se disent amers après les maigres augmentations salariales obtenues à l'issue du Ségur de la Santé.

"Il a suscité beaucoup d'espoir, notamment pour une reconnaissance des spécificités du travail d'infirmier de réanimation", confie Vincent Castelain. "Mais tout ça a fait pschit, ils n'ont pas été reconnus +infirmiers de pratiques avancés+, il y a un déficit de considération", regrette-t-il.

Alors, plutôt que d'être éventuellement applaudis chaque soir, infirmiers et médecins appellent à respecter les gestes barrières, pour limiter la propagation du virus, et espèrent que les campagnes de vaccination contre la grippe permettront d'éviter de surcharger les services. Sinon, la vague pourrait se transformer "en tsunami", s'inquiète Ferhat Meziani.

Auteur(s): Par Antoine POLLEZ - Strasbourg (AFP)


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Des soignants s'occupent d'un patient dans l'unité de soins intensifs pour les malades du Covid-19, le 22 octobre 2020 à Strasbourg

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