Intrusion de migrants dans le port de Calais: quatre mois ferme pour le "meneur"

Intrusion de migrants dans le port de Calais: quatre mois ferme pour le "meneur"

Publié le :

Lundi 04 Mars 2019 - 17:58

Mise à jour :

Lundi 04 Mars 2019 - 18:00
©DR
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Par AFP - Boulogne-sur-Mer

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Un migrant, considéré comme le "meneur" des réfugiés montés samedi soir à Calais à bord d'un ferry dont ils avaient ensuite escaladé la cheminée, a été condamné lundi à quatre mois de prison ferme par le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et incarcéré.

Jugé en comparution immédiate, cet homme de 36 ans, originaire du Mali, était poursuivi pour "embarquement frauduleux à bord d'un navire", "introduction non-autorisée dans une zone d'accès restreint" ainsi que "refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques", ayant refusé que la police relève ses empreintes digitales pendant sa garde à vue.

Cet homme "a préconisé au groupe de sauter par la balustrade de la cheminée du ferry", a affirmé la procureure, qui a insisté sur la "dangerosité" de son acte. Le parquet avait requis la même peine.

Le migrant, à Calais depuis quelques mois, a lui nié avoir été un "meneur", affirmant avoir simplement "suivi le groupe".

Samedi soir, une centaine de migrants voulant rejoindre le Royaume-Uni ont fait une incursion dans le port de Calais, une opération inédite par son ampleur qui a conduit à 63 interpellations.

Une cinquantaine d'entre eux ont réussi à grimper à bord d'un ferry de la compagnie DFDS en provenance d'Angleterre, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre et des secours toute la nuit et la matinée de dimanche.

Dimanche matin, un groupe de migrants se trouvait toujours à bord, perché en haut de la cheminée, à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Ils sont finalement descendus grâce à l'aide des sapeurs-pompiers.

Sur les 63 interpellés, 30 "ont fait l'objet d'une mesure administrative concrétisée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF)", avec "placement en centre de rétention administrative pour la moitié d'entre eux", a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais.

En outre, 28 migrants doivent être jugés en mai.

Dans un communiqué à l'AFP, la direction de DFDS a justifié lundi l'usage d'une lance à incendie pour tenter d'empêcher les migrants d'accéder au navire, comme le montre une vidéo sur le site de La Voix du Nord. "Face à une situation qu'ils ont jugée +menaçante+ pour leur intégrité physique et celle des passagers, l'équipage a suivi la procédure et les instructions habituelles relatives aux situations d'abordage", mais "le commandant de bord et l'équipage ont rapidement jugé que la méthode utilisée était inefficace et risquée et ont décidé de laisser les personnes monter à bord du navire".

"Je suis étonné de ce comportement, étonné qu'on en arrive là", a réagi sur ce sujet auprès de l'AFP Christian Salomé, de l'Auberge des migrants, jugeant que les migrants "sont poussés à quitter Calais par l'Etat."

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