Jacques Rançon, "le tueur de Perpignan", soupçonné d'un meurtre vieux de 33 ans

Jacques Rançon, "le tueur de Perpignan", soupçonné d'un meurtre vieux de 33 ans

Publié le :

Mercredi 19 Juin 2019 - 16:32

Mise à jour :

Mercredi 19 Juin 2019 - 16:36
© RAYMOND ROIG / AFP/Archives
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Par Alexandre HIELARD - Paris (AFP)

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Jacques Rançon, "le tueur de la gare de Perpignan", a-t-il aussi tué dans la Somme ? L'homme, condamné l'an dernier à perpétuité pour les viols et meurtres de deux jeunes femmes à la fin des années 1990, est soupçonné d'avoir commis un autre homicide près d'Amiens à l'été 1986.

Cet ancien cariste-magasinier de 59 ans a été extrait mardi matin de la prison de Béziers, où il purge sa peine, et placé en garde à vue pour être interrogé par les gendarmes, a indiqué mercredi le parquet d'Amiens à l'AFP, confirmant une information d'Europe 1.

Les enquêteurs de la section de recherche d'Amiens le soupçonnent d'être impliqué dans le meurtre non élucidé d'Isabelle Mesnage. Le corps de cette jeune informaticienne de 20 ans avait été découvert le 3 juillet 1986 aux abords d'un chemin de randonnée à Cachy (Somme). Ses vêtements étaient en partie déchirés et des objets lui appartenant avaient été retrouvés disséminés non loin d'elle.

L'enquête avait piétiné jusqu'à un non-lieu prononcé en 1992. Mais après "l'intervention des avocats de la famille de la victime", le parquet a décidé de rouvrir l'enquête, confiée depuis octobre à deux juges d'instruction en raison de "charges nouvelles".

En effet, "des investigations ont confirmé la présence à Amiens à cette époque de Jacques Rançon", qui a grandi en Picardie, a confié à l'AFP une source proche du dossier. D'autres vérifications, notamment "sur le mode opératoire" du tueur, ont alimenté les soupçons des enquêteurs et ont motivé sa garde à vue, selon cette source.

Son procès de mars 2018, long de trois semaines, avait profondément éprouvé les familles de Moktaria Chaïb, 19 ans, et Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, dont les viols et meurtres en décembre 1997 et juin 1998 près de la gare de Perpignan avaient été accompagnés d'atroces mutilations, notamment au niveau des parties génitales.

Jacques Rançon, qui s'était présenté la barbe hirsute et l'air négligé devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales, avait également été reconnu coupable d'une tentative de viol et d'une tentative de meurtre.

- "Périodes blanches" -

Homme fruste à la corpulence massive, décrit par un expert comme "un grand psychopathe", qui "casse" ses victimes "comme un jouet", le quinquagénaire au lourd parcours criminel avait demandé "pardon" aux familles, mais sans donner d'explication à ses actes.

L'hypothèse d'un nombre plus important de victimes avait plané au cours de cette audience très médiatisée.

"On n'est pas sûr qu'il n'y ait pas eu d'autres (victimes)", avait ainsi plaidé l'un des avocats des deux femmes survivantes et des familles, Me Philippe Capsié, listant "13 passages à l'acte sur une vie émaillée de séjours en prison".

Jacques Rançon sortait ainsi tout juste de la prison d'Amiens, où il avait été incarcéré pour un viol commis en 1992, quand il s'est installé dans un petit hôtel du quartier de la gare de Perpignan, quelques jours avant le meurtre de Moktaria Chaïb.

C'est ce séjour derrière les barreaux qui l'a mis hors de cause dans la disparition en 1995 de Tatiana Andujar, une étudiante de 17 ans, également près de la gare de Perpignan.

Jacques Rançon a également écopé de cinq ans de prison ferme pour une agression dans un parc d'Amiens en 1999, un an après le meurtre de Marie-Hélène Gonzalez.

Lors du procès de Perpignan, Me Étienne Nicolau s'était également étonné des "périodes blanches" de Rançon entre sa première agression sexuelle en 1976 à l'âge de 16 ans, pour laquelle il n'a jamais été condamné, et celle de 1992; ou entre 1998, année du meurtre de Marie-Hélène Gonzalez, et son interpellation en 2014 après que son ADN a été identifié sur une chaussure de Moktaria Chaïb.

Jacques Rançon le 26 mars 2018 au tribunal de Perpignan


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