La secte du Mandarom condamnée à réhabiliter un pan de colline du Verdon

La secte du Mandarom condamnée à réhabiliter un pan de colline du Verdon

Publié le :

Jeudi 08 Novembre 2018 - 13:07

Mise à jour :

Jeudi 08 Novembre 2018 - 14:04
© PATRICK VALASSERIS / AFP/Archives
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Par AFP - Grenoble

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La cour d'appel de Grenoble a condamné la secte du Mandarom à remettre en état un pan de colline du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence) sur lequel elle a fait ériger au début des années 90 un temple-pyramide contre l'avis du Conseil d'État, a-t-on appris jeudi auprès du conseil des parties civiles.

Dans son arrêt rendu le 30 octobre que l'AFP a pu consulter, elle a estimé que les travaux pour cette construction avaient été réalisés non seulement "en contravention avec le Plan d'occupation des sols (POS)" mais aussi "au mépris des règles d'urbanisme" entraînant ainsi "une atteinte grave tant à la sécurité qu'à l'environnement".

"Il ressort à l'évidence des photographies produites que le site a été dénaturé et la montagne véritablement +scalpée+", a-t-elle ajouté.

La condamnation a été assortie du versement de 50.000 euros de dommages et intérêts et de 20.000 euros pour les frais de justice à une association de défense de l'environnement et à un couple de riverains dont "l'atteinte visuelle (...) s'apprécie au regard de la vue globale sur le site".

Enfin, la Cour a fixé un délai de six mois pour l'ouverture du chantier de réhabilitation à compter de la notification de l'arrêt et de trente mois pour sa réalisation, sous peine d'une astreinte de 500 euros par jour de retard dans les deux cas.

"Nous sommes très satisfaits évidemment mais nous craignons que cela aille en Cassation. Nous ne lâcherons jamais", a réagi Josette Ferrato de l’Association Interdépartementale et Intercommunale pour la Protection de la Retenue de Fontaine l'Evêque (AIIPRFE), jointe par l'AFP.

Cette décision intervient un peu plus de quatre ans après un premier arrêt de la cour d'appel de Grenoble, qui avait initialement condamné la secte à verser 30.000 euros à titre de provision à l'AIIPRFE.

La juridiction iséroise avait alors également désigné un expert chargé d'orienter la remise en état des lieux en fonction de ses "impératifs écologiques".

Lors d'une audience en septembre, l'expert avait estimé la remise en état de la colline à 1,9 million d'euros, en tenant compte "de la faune, de la flore et de la nature sismique du site". Une somme alors contestée la secte, qui a chiffré cette réhabilitation à 1,2 million d'euros, faisant valoir qu'une voie d'accès et une plateforme présentes sur le site "ne font pas partie du permis de construire" pointé du doigt.

En 1995, le Conseil d'État avait annulé le permis de construire délivré trois ans plus tôt pour bâtir le temple-pyramide mais la secte, installée au dessus du village de Castellane depuis 1969, avait tout de même entrepris ces travaux colossaux.

Elle s'était alors attirée les foudres de riverains qui réclamaient depuis remise en état et réparations financières.

"Le messie cosmoplanétaire" (D), statue géante du Mandarom à l'effigie du gourou de la secte Gilbert Bourdin gît, le 06 septembre 2001 dans "la cité sainte du Mandarom" près de Cas


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