Le bull riding ou rodéo à la conquête de la France

Le bull riding ou rodéo à la conquête de la France

Publié le :

Lundi 24 Septembre 2018 - 14:12

Mise à jour :

Lundi 24 Septembre 2018 - 14:14
© Alex Edelman / AFP/Archives
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Par Isabelle TOUSSAINT - Chelles (AFP)

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Poussière, adrénaline, peur refoulée...sur le dos du puissant taureau Undertaker, Arnaud Randouin s'élance dans l'arène pour un rodéo de huit secondes. Comme une vingtaine de cow-boys européens, le jeune Français rêve d'un premier titre de champion de Paris de bull riding.

De nombreux spectateurs coiffés d'un stetson, une écharpe aux couleurs du drapeau américain autour du cou, tapent des pieds et crient dans les tribunes du parc équestre francilien du Petit FarWest, près de Chelles (Seine-et-Marne) où la compétition, organisée par MG Events, se déroule jusqu'à dimanche.

Avant le coup d'envoi du rodéo, comme aux États-Unis, berceau de ce sport spectacle, l'hymne natinal américain a retenti dans le manège suivi de l'hymne français et de la prière du cow-boy.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six.. Undertaker éjecte Arnaud Randouin. Il n'a pas tenu le temps réglementaire sur le dos du bovin. Son score est de zéro mais il s'est relevé indemne.

"Ca avait bien commencé mais sur les deux dernières secondes j'ai lâché les jambes, je suis tombé à la renverse. Je voulais le couvrir (rester dessus). J'ai encore une chance d'aller en finale s'il y a d'autres concurrents qui n'ont pas couvert ", confie-t-il déçu.

"A la recherche de montée d’adrénaline", le cavalier de 24 ans pratique la course d'endurance pour être "souple, fort et courageux". "Je fais du rodéo car je recherche la peur mais je ne suis pas fou. J'ai conscience du danger", dit-il.

Mais la peur n'évite pas le danger. "Un jour, j'ai été piétiné par un gros taureau. J'ai eu un hématome énorme au genou durant plusieurs mois", se souvient-il.

Entre les concurrents, des pom pom girls font leur show, des fouets claquent et les lassos virevoltent lors d'une démonstration de trick roping (lasso artistique).

C'est au tour du Hollandais Joey Godderij, 18 ans, de jaillir, une main accrochée à une sangle sur le dos de Lucky Boy, l'autre en l'air pour garder l'équilibre. La sonnerie retentit, il a "couvert" son taureau.

La foule est en délire. "On vient pour l'ambiance, j'aime quand les taureaux gagnent", raconte Patrick.

- "On attend la chute, on attend l'accident" -

Emballé, son ami Claude "est chez lui". Il a "l'Amérique dans le sang". "J'ai déjà été voir un rodéo aux États-Unis et c'est comme ici, festif! ", se réjouit-il.

Le brésilien de 27 ans Wellington Rodrigues sur Smackface est le dernier à surgir de la "chute" ou stalle de départ. C'est l'un des plus titrés. En 2017, il a remporté le circuit italien et l'American Tour. Dans son pays, le rodéo est un sport national.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept... Wellington tombe. Les postérieurs du taureau frappent ses jambes alors qu'il est encore au sol et que les bull fighters, les "anges gardiens", attirent l'animal vers eux.

"J'ai tout donné mais je suis tombé. Cette fois, je me suis fait mal", confie-t-il en boitant, après avoir ôté son casque et son gilet de protection. Il espère "pouvoir monter demain".

Dans les gradins, Bastien Bourgeois, de l'équipe de France de reining (dressage), s'amuse lui aussi de ce show explosif. Il pense "que le rodéo à un bel avenir en France".

"Le rodéo est très populaire. On attend la chute, on attend l'accident. Ca attire la foule", dit-il.

Et sans de bons taureaux, pas de performances. Comme les hommes, ceux de Sandrine et de son mari Stefano Baldon sont des athlètes de haut niveau, sélectionnés génétiquement sur leur capacité à ruer fort.

"Nos taureaux ont cette faculté de ruer naturellement. On travaille sur ce geste", explique Sandrine Baldon. "Il n'y a aucune maltraitance, on aime nos animaux, et on les garde longtemps", insiste-t-elle.

Ces bêtes ne finiront donc pas dans l'assiette. Quand leur carrière sera terminée vers l'âge de 12 ans, elles feront la monte.

Sandrine espère que ses veaux, au même titre que les bébés pur-sang de courses, trouveront un jour acquéreur à des milliers d'euros, comme aux États-Unis".

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