A Lille, les Insoumis s'estiment "seuls à pouvoir défaire l'extrême marché et l'extrême droite"

A Lille, les Insoumis s'estiment "seuls à pouvoir défaire l'extrême marché et l'extrême droite"

Publié le :

Vendredi 24 Mai 2019 - 13:47

Mise à jour :

Vendredi 24 Mai 2019 - 22:34
© Eric CABANIS / AFP
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Par Baptiste BECQUART - Lille (AFP)

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La tête de liste de La France insoumise Manon Aubry et Jean-Luc Mélenchon ont cogné vendredi lors de leur ultime meeting à Lille contre "le duo de l'extrême marché et l'extrême droite", s'estimant "les seuls à pouvoir le défaire" malgré le gouffre qui les sépare dans les sondages.

Les Insoumis se sont rêvés pendant deux ans en premiers opposants à Emmanuel Macron. Mais à l'heure d'élections européennes aux airs de référendum sur la politique du chef de l'Etat, c'est la liste du RN de Marine Le Pen qui précède dans les sondages la liste LREM (les deux au-delà des 20%), loin devant les Républicains (autour des 13%) et encore plus de LFI.

La liste conduite par Manon Aubry se trouve reléguée dans un duel avec EELV pour la quatrième place, entre 7 et 10%, qui a cependant l'enjeu de la première place à gauche.

Les Insoumis ont donc aménagé le slogan de "référendum anti-Macron" décidé l'été dernier, à l'image de Manon Aubry vendredi soir devant un millier de personnes au Grand Palais de Lille: "Nous seuls sommes en capacité de défaire le duo entre LREM et RN, ces variations d'extrême marché et d'extrême droite", et à "incarner une alternative sociale, écologique et populaire".

Car ce "duo" a des "convergences", a lancé la tête de liste, en écho à la présence vendredi soir au meeting du RN d'Andrea Kotarac, ex-conseiller régional LFI: le parti d'extrême droite et LREM sont "tous deux contre la hausse du Smic, le partage du temps de travail, les mesures écologiques".

"L'extrême marché", c'est "la casse du code du travail et du service public, la suppression de l'ISF, le refus de supprimer le glyphosate", a affirmé Manon Aubry. Tandis que "l'extrême droite", elle a "les mains pleines de l'argent de la corruption, et sales du sang des exilés".

- "Changement" plutôt que "pansement" -

Manon Aubry a scandé: "Il faut penser le changement et pas changer le pansement: nous sommes les seuls à avoir une stratégie, à dire que si on veut faire la transition écologique, la convergence fiscale en Europe et préserver les services publics, alors il faut rompre avec les traités" de "la compétition de tous contre tous".

Les pro-européens "resteront à tout prix (dans les traités), même à quatre pattes", a raillé de son côté Jean-Luc Mélenchon.

Le chef de file de LFI a tiré "une leçon politique" de ce l'explosion survenue vendredi à Lyon: "Il est tout à fait évident que ceux qui ont imaginé cette saloperie ont l'intention de peser sur les élections de dimanche, de prendre le pouvoir sur vos esprits, soit en vous faisant tellement peur que vous n'alliez pas voter, soit en vous tordant le bras pour faire des votes aveuglés".

Il a ensuite ferraillé contre l'"écologie de marché", qu'il attribue à LREM mais aussi à son concurrent direct à ces élections, EELV: "Il n'est pas possible de croire que l'intérêt général va pouvoir se concilier avec la mécanique des intérêts particuliers".

La tête de liste d'EELV Yannick Jadot, qui a préféré pendant cette campagne éviter les polémiques avec les Insoumis, se concentrant davantage sur LREM, a cependant assuré au site Reporterre être "anticapitaliste".

"Il faut tout changer de nos manières de produire, d'échanger, de consommer, nous changer nous-mêmes parce que le capitalisme est entré dans nos papilles, sous notre peau, dans notre imaginaire", a martelé Jean-Luc Mélenchon.

Il a argué: "LFI a été la première à mettre dans son programme l'idée de la règle verte, selon laquelle on ne prend pas davantage à la nature que ce qu'elle peut reconstituer".

Manon Aubry et Jean-Luc Mélenchon le 21 mai 2019 à TOulouse


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