Lycées: marche de soutien après les interpellations de masse de Mantes-la-Jolie

Lycées: marche de soutien après les interpellations de masse de Mantes-la-Jolie

Publié le :

Mercredi 12 Décembre 2018 - 21:12

Mise à jour :

Jeudi 13 Décembre 2018 - 07:36
© Alain JOCARD / AFP
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Par AFP - Paris

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Une centaine de personnes ont défilé mercredi pour dénoncer l'interpellation la semaine dernière de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie, qui a donné lieu au dépôt de cinq nouvelles plaintes, a appris l'AFP.

"Ce qui s'est passé, pour moi, c'est une rafle. Mon fils a été insulté et humilié", s'est indignée Rachida, 40 ans, membre d'un collectif crée au lendemain des interpellations et dont le fils a passé près de 24 heures en garde à vue.

En marge d'une mobilisation nationale des lycéens, 151 jeunes de 12 à 21 ans avaient été interpellés jeudi près d'un lycée de Mantes-la-Jolie (Yvelines) après des incidents. La vidéo de leur arrestation, genoux au sol et mains sur la tête, a provoqué un tollé. A l'issue de leur garde à vue, la plupart d'entre eux ont écopé de simples rappels à la loi.

"Je suis encore choquée. Je n'avais plus d'appétit et je ne suis toujours pas retournée à l'école", a confié Camélia, 15 ans, lors de la marche organisée à Mantes-la-Jolie. Jeudi, cette lycéenne avait suivi le mouvement de foule avant d'être interpellée alors qu'elle rentrait chez elle.

"Ils ont voulu faire de nous des exemples pour qu'on arrête de manifester. Ça ne se serait pas passé de la même manière dans un quartier plus aisé", a affirmé Sofiane, 15 ans, qui espère qu'une enquête sera menée sur les propos et comportements des policiers.

Dans la vidéo de l'interpellation, filmée au plus près des policiers, on entend une voix s'exclamer ironiquement: "Voilà une classe qui se tient sage".

Rencontré par l'AFP dans le cortège, l'avocat de plusieurs familles, Me Arié Alimi, a annoncé avoir déposé mercredi cinq nouvelles plaintes contre X à Versailles notamment pour "actes de torture et de barbarie" et "diffusion illégale" de vidéo de personnes entravées.

Il a par ailleurs demandé au procureur de Versailles le dépaysement de l'affaire. "Les autorités de Versailles ne doivent pas à notre sens juger et enquêter sur ces affaires pour éviter que, comme dans (...) d'autres affaires où ce sont les fonctionnaires de police qui sont visés, l'enquête n'avance pas", a justifié Me Alimi.

Samedi, cet avocat avait déjà annoncé le dépôt d'une plainte au nom du syndicat lycéen UNL.

Tout en défendant la régularité des interpellations, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait annoncé la semaine dernière qu'une "procédure" serait lancée pour évaluer l'action des forces de l'ordre et identifier l'auteur de la vidéo controversée.

Une centaine de personnes défilent pour dénoncer l'interpellation de 151 jeunes, à Mantes-la-Jolie, le 12 décembre 2018


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