Macron et Philippe veulent voir les "bonnes nouvelles" avant de recevoir des patrons du monde entier

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Par Laure BRUMONT, et le service économique de l'AFP - Paris (AFP)
Publié le 20 janvier 2020 - 05:00
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Emmanuel Macron lors de l'édition "Choose France" 2018 à Versailles
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© Thibault Camus / POOL/AFP/Archives
Emmanuel Macron lors de l'édition "Choose France" 2018 à Versailles
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Au 47e jour du conflit des retraites, Emmanuel Macron a vanté lundi "les bonnes nouvelles" après une série d'annonces d'investissements étrangers de près de quatre milliards d'euros, avant de recevoir à Versailles des patrons venus du monde entier pour le sommet "Choose France".

"Les bonnes nouvelles, elles n'arrivent pas toutes seules. Elles arrivent parce qu'on fait des réformes", a affirmé le chef de l'Etat, en visitant l'usine pharmaceutique AstraZeneca de Dunkerque, qui va s'agrandir en investissant plus de 200 millions d'euros.

En écho, Edouard Philippe a aussi salué à Matignon une "excellente nouvelle" pour l'économie comme l'environnement après la signature à Matignon de trois accords entre les Chantiers de l'Atlantique et l'armateur italo-suisse MSC, dont une commande ferme de deux milliards d'euros pour deux nouveaux paquebots livrables en 2025 et 2027, lors d'une cérémonie en présence des signataires.

"Je veux bien qu'on nous farcisse la tête de mauvaises nouvelles" mais "ce n'est pas vrai", a renchéri Emmanuel Macron, en soulignant que la France avait créé "un peu plus de 500.000 emplois" depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans et demi.

À quelques centaines de mètres de lui, une cinquantaine de militants CGT et une dizaine d’avocats du barreau de Dunkerque qui manifestaient contre la réformes de rétraites, ont été stoppés par un important dispositif policier.

A Versailles, où Emmanuel Macron était attendu pour inaugurer la troisième édition du sommet "Choose France", entre 200 et 300 manifestants étaient déjà présents dans le calme, avec des slogans tels que "Macron on vient te chercher chez toi" ou encore "Macron dégage", un an après une édition marquée par le mouvement social des "gilets jaunes".

"En tant que cheminots depuis 30 ans on nous calomnie, on est traité de parasites de la société française par le gouvernement. Les vrais parias, c'est ce gouvernement", a pesté Éric Bezou, cheminot à Mantes-la-Jolie, syndiqué SUD-Rail.

"Choose France", événement auquel sont attendus près de 200 dirigeants d'entreprises français et étrangers qui vont participer au total à "plus de 400 rencontres bilatérales", est organisé depuis 2018 à l'orée du Forum économique mondial (WEF) de Davos en Suisse.

Outre le président et le Premier ministre Edouard Philippe, 19 membres du gouvernement vont accueillir, sous les ors du château royal, des patrons de grands groupes américains (Coca-Cola, Snap Inc, Fedex, Google, Netflix...), asiatiques (Hyundai Motors, Samsung Electronics, Fosun, Toyota...), africains (Cooper Pharma, Orascom) et européens (Rolls Royce, EY, ING Bank...).

Le chef de l'Etat en profitera également pour promouvoir les conditions d'accueil et de développement des start-up en France, principalement par l'extension de dispositifs d'intéressement au capital visant à faciliter le recrutement.

- Investissements étrangers en forte hausse -

Dimanche soir, l'Elysée a détaillé de nouveaux investissements. La commande ferme de MSC s'accompagne de la signature de deux protocoles d'accord portant potentiellement sur quatre milliards d'euros d'investissements supplémentaires.

La construction à Saint-Nazaire des deux nouveaux paquebots de 6.700 passagers va générer "14 millions d'heures de travail, correspondant à 2.400 emplois pendant trois ans et demi", précise l'exécutif.

L'accord prévoit également le développement d'une nouvelle classe de paquebots au GNL, ainsi qu'un nouveau prototype de bateaux propulsés pour partie à la voile, intégrant de fait les "meilleures innovations en matière environnementale", le secteur de la croisière étant régulièrement accusé d'énormément polluer.

Autres annonces dans le cadre de "Choose France": la décision de Coca-Cola et de son embouteilleur d'investir un milliard d'euros sur cinq ans en France, dont la moitié pour renforcer le réseau de production et de distribution, et l'autre pour "soutenir le développement de ses marques actuelles et introduire de nouveaux produits sur le marché français".

Comme en 2018, la France est la deuxième destination pour les investisseurs étrangers en Europe derrière l'Allemagne et devant le Royaume-Uni, qui s'apprête à sauter dans l'inconnu en sortant de l'Union européenne. Entre 2017 et 2019, son attractivité a progressé du 22e au 15e rang du classement publié par le WEF, "soit la meilleure progression du top 20", selon l'Elysée.

Selon Matignon, les investissements directs étrangers dans les entreprises françaises ont crû de plus de cinq milliards d'euros en 2018 (+20%) "et l'année 2019 promet de battre de nouveaux records".

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