Maëlys: première reconstitution de la nuit du meurtre de la fillette

Maëlys: première reconstitution de la nuit du meurtre de la fillette

Publié le :

Lundi 24 Septembre 2018 - 21:01

Mise à jour :

Mardi 25 Septembre 2018 - 11:20
© Jean-Philippe KSIAZEK / AFP
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Par AFP - Le Pont-de-Beauvoisin

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La première reconstitution de la nuit du meurtre de la petite Maëlys s'est poursuivie jusque tard dans la nuit de lundi à mardi, à Pont-de-Beauvoisin (Isère), en présence du suspect Nordahl Lelandais, des juges d'instruction, avocats et parties civiles, qui se sont rendus sur les différents lieux du drame.

Nordahl Lelandais est arrivé vers 20H00 dans un convoi de gendarmerie à la salle des fêtes où avait disparu Maëlys, 8 ans, dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors de noces, et où a débuté la reconstitution.

La voiture de l'ancien militaire de 35 ans se trouvait sur le parking, dissimulée dans un container.

"C'est un moment important pour l'enquête judiciaire et c'est aussi un moment très important pour la famille pour essayer d'avoir des explications" sur le déroulement des faits, a déclaré devant la presse le colonel Yves Marzin, commandant du groupement de gendarmerie de l'Isère.

L'objectif de cette reconstitution est de confronter le récit du meurtrier présumé de la fillette aux réalités matérielles de l'enquête, notamment les aller-retours décrits par Nordahl Lelandais. De tenter de faire éclater la vérité. Si toutefois l'ancien maître-chien accepte de coopérer.

Après deux heures sur place, vers 22H15, le cortège accompagnant Lelandais est sorti de la salle des fêtes. Au milieu du convoi, les journalistes présents ont pu voir l'Audi de Lelandais conduite par un gendarme, avec sur le siège passager un mannequin figurant Maëlys.

Retraçant le parcours du suspect la nuit fatale, le cortège devait rouler six kilomètres pour gagner Domessin (Savoie) au domicile des parents de Lelandais, où la dépouille de Maëlys aurait été temporairement déposée. Avant de revenir vers Pont-de-Beauvoisin, puis le massif de la Chartreuse où ses restes ont finalement été retrouvés.

Tous les accès à Pont-de-Beauvoisin et Domessin ont été bouclés en début de soirée par quelque 200 gendarmes.

Cet acte judiciaire était prévue pour durer une partie de la nuit. "La reconstitution sera la plus réaliste possible pour être au plus proche des événements qui se sont déroulés" cette nuit-là, a ajouté le colonel Marzin.

Il avait fallu attendre près de six mois pour que Nordahl Lelandais, présent au mariage et acculé par des preuves matérielles --une trace de sang de l'enfant dans sa voiture-- avoue en février 2018 le meurtre "involontaire" de l'enfant et conduise les enquêteurs jusqu'aux restes de la fillette dans la montagne, près du village de Saint-Franc.

Lelandais avait alors expliqué la mort de Maëlys par un coup porté au visage, alors qu'elle paniquait dans sa voiture dans laquelle elle était montée pour aller voir ses chiens.

Outre les magistrats, le mis en examen accompagné de son avocat et des enquêteurs, les avocats des parties civiles, la famille de Maëlys et des témoins ont participé à la reconstitution.

Beaucoup de questions restent en suspens, en particulier la façon dont est morte Maëlys.

Est-elle montée de son plein gré dans le véhicule de Nordahl Lelandais, comme l'assure le suspect ? Comment et où lui a-t-il infligé la gifle, qu'il affirme à l'origine de la mort "accidentelle" de la fillette ? Où a-t-il entreposé le corps de la fillette avant de revenir au mariage ? Quand l'a-t-il déposé dans la montagne ?

Nordahl Lelandais a été mis en examen pour "enlèvement" et incarcéré le 3 septembre 2017 après la découverte d'une trace ADN de Maëlys dans son véhicule, puis pour "meurtre" fin novembre alors qu'une caméra a enregistré l'image de la fillette dans sa voiture puis sans la petite fille sur le chemin du retour, à l'heure de sa disparition.

Trois mois et demi après la découverte du corps et à l'issue d'expertises légales, les obsèques de Maëlys ont été célébrées le 2 juin à La Tour-du-Pin (Isère).

Un convoi de gendarmerie arrive à Pont-de-Beauvoisin, le 24 septembre 2018


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