Marseille: une information judiciaire pour "homicides involontaires" après l'effondrement d'immeubles

Marseille: une information judiciaire pour "homicides involontaires" après l'effondrement d'immeubles

Publié le :

Mardi 27 Novembre 2018 - 13:38

Mise à jour :

Mardi 27 Novembre 2018 - 14:16
© GERARD JULIEN / AFP/Archives
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Par AFP - Marseille

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Le parquet de Marseille a ouvert mardi une information judiciaire contre X pour "homicides involontaires" aggravés "par violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité", après la mort de huit personnes dans l'effondrement de deux immeubles du centre-ville le 5 novembre.

"A ce jour, les causes de l'effondrement de ces immeubles (...) ne sont pas établies", précise le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, dans un communiqué. L'enquête a été confiée à trois juges d'instruction du pôle accidents collectifs du tribunal de grande instance de Marseille.

L'instruction a été ouverte pour "homicides et blessures involontaires aggravés par violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement" et pour "mise en danger de la vie d'autrui", ajoute le communiqué.

Le 5 novembre, les deux immeubles des 63 et 65 rue d'Aubagne s'étaient "effondrés simultanément", peu après 09H00, rappelle le magistrat. Le 65, dans le décombres duquel les corps ont été retrouvés après plusieurs jours d'intenses recherches, était une copropriété privée, et le seul immeuble habité.

Le 63 avait été "condamné à la suite d'une procédure d'expropriation l'ayant attribué" au bailleur social municipal Marseille Habitat en 2017, ajoute le communiqué du procureur.

En trois semaines d'enquête de flagrance, une centaine d'enquêteurs de la police judiciaire marseillaise supervisés par 12 magistrats du parquet ont procédé à des dizaines d'auditions, locataires qui n'étaient pas présents au moment du drame, propriétaires et syndic de copropriété ou encore responsables et membres de services de la mairie de Marseille et de Marseille Habitat.

Des documents et des ordinateurs ont été saisis à la mairie, au syndic ainsi que chez des experts qui avaient pu examiner les deux immeubles, et leur voisin, le 67 rue d'Aubagne, dans le cadre de procédures initiées précédemment.

Le drame de la rue d'Aubagne a plongé la deuxième ville de France, dont le maire Jean-Claude Gaudin a concentré les critiques mais a exclu de démissionner, dans une crise sans précédent. Clouée au pilori par les habitants du quartier de Noailles pour son absence de résultats en matière de lutte contre l'habitat vétuste, la mairie a depuis fait évacuer des centaines de logements potentiellement dangereux à travers la ville.

Au total la ville, où est attendu mercredi le ministre du Logement Julien Denormandie, compte désormais plus de 180 immeubles fantômes, et plus de 1.300 délogés, qui se retrouvent pour la plupart sans domicile fixe. Une centaine d'appartements devrait encore être évacués de l'une des plus grandes copropriétés dégradées de la ville, le Parc Corot.

Pan de mur de l'un des deux immeubles effondrés à Marseille, le 8 novembre 2018

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