Procès Carlos: la grenade du Drugstore Publicis décortiquée

Procès Carlos: la grenade du Drugstore Publicis décortiquée

Publié le :

Lundi 20 Mars 2017 - 18:30

Dernière mise à jour :

Lundi 20 Mars 2017 - 18:34
Facebook icon
Twitter icon
Google icon
© Benoit PEYRUCQ / AFP/Archives
-A +A

C'est l'un des éléments à charge retenu contre Carlos: la cour d'assises spéciale de Paris s'est penchée lundi sur la grenade utilisée par l'auteur de l'attentat contre le Drugstore Publicis en 1974 à Paris.

L'engin avait été jeté par un individu depuis un restaurant en mezzanine vers une galerie marchande en contrebas faisant deux morts et 34 blessés dont beaucoup touchés par des éclats métalliques.

Pour l'accusation, les caractéristiques et l'origine de la grenade désignent clairement Ilich Ramirez Sanchez dit Carlos comme l'auteur de l'attentat alors que, pour la défense du Vénézuélien qui conteste les faits, des zones d'ombre remettent en cause ces conclusions.

Mais 43 ans après les faits, l'homme appelé à conforter à la barre la thèse de l'accusation ne faisait pas partie des experts, aujourd'hui décédés, qui ont rédigé les rapports balistiques du dossier.

Il a confirmé que la grenade provenait "très vraisemblablement" du même lot qu'une autre utilisée lors d'une prise d'otage à La Haye par un commando de l'armée révolutionnaire japonaise, proche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) auquel appartenait également Carlos, et qu'une troisième retrouvée chez une maîtresse du Vénézuélien.

Pour les enquêteurs, il s'agit d'un lot de 75 grenades dérobées dans le camp militaire américain de Miesau (Allemagne) au premier semestre 1972.

Au moment de l'attentat du Drugstore Publicis, seules 38 d'entre elles avaient été récupérées lors d'affaires impliquant des personnes en rapport direct avec le terrorisme international et notamment palestinien. Par la suite, d'autres grenades ont été saisies dans des caches d'armes attribuées aux cellules révolutionnaires (RZ) allemandes avec lesquelles Carlos a collaboré.

Mais pour la défense, rien ne permet d'affirmer que cette grenade, presque entièrement détruite lors de l'explosion, faisait bien partie du lot. Avocat de Carlos, Francis Vuillemin s'est notamment étonné que les grenades prises aux Japonais et au domicile de la maîtresse de l'accusé ne fassent pas partie des scellés.

Sa consoeur Isabelle Coutant-Peyre a elle rappelé "les deux non-lieux" (1983 et 1998) en faveur de son client par magistrats qui avaient déjà entre les mains les expertises sur la grenade.

"J'ai eu des centaines de grenades entre les mains, vénézuéliennes, égyptiennes, irakiennes, roumaines, soviétiques, chinoises... On peut dire que je m'y connais", a fanfaronné Carlos devant la cour avant de suggérer que la pièce de l'engin retrouvée dans les décombres ait pu y être placée pour le mettre en cause. "Tout ce que l'on voit n'est pas forcement vrai et ce qui est vrai ne se voit pas toujours", a-t-il glissé.

Suite du procès mardi.

Auteur : Par AFP

Dessin du procès de Ilyich Ramirez Sanchez dit Carlos et de ses avocats Xavier Nogueras, Francis Vuillemin, et Isabelle Coutant-Peyre qui est également sa femme, le 13 mars 2017 à

Commentaires

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour publier un commentaire