Professeur décapité: six gardes à vue levées, Macron promet plus d'"actes" contre l'islamisme

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Professeur décapité: six gardes à vue levées, Macron promet plus d'"actes" contre l'islamisme

Publié le 20/10/2020 à 10:36 - Mise à jour à 22:08
©DR
PARTAGER :

Auteur(s): Par Fanny LATTACH, Alexandre HIELARD - Paris (AFP)

-A +A

En pleine vague d'hommages au professeur Samuel Paty, l'exécutif a continué de durcir le ton contre l'islamisme et la haine sur les réseaux sociaux mardi, alors que six des 16 personnes en garde à vue dans l'enquête sur cet attentat ont été relâchées mardi soir.

Le parquet national antiterroriste (Pnat) doit désormais décider d'une éventuelle présentation à un juge des dix autres toujours gardées à vue - dont le parent d'élève qui avait appelé à la mobilisation après un cours sur la liberté d'expression dispensé par M. Paty le 5 octobre.

Les enquêteurs antiterroristes, qui recherchent d'éventuelles complicités, s'intéressent notamment à des messages échangés sur WhatsApp entre ce père de famille et l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, un réfugié d'origine russe tchétchène de 18 ans.

Le sulfureux militant islamiste Abdelhakim Sefrioui qui avait accompagné le parent d'élève dans sa mobilisation était également toujours en garde à vue, ainsi que cinq collégiens qui auraient pu aider l'assaillant à retrouver et identifier M. Paty, 47 ans, avant de le décapiter vendredi près de son établissement de Conflans-Sainte-Honorine.

Les enquêteurs ont en revanche relâché les parents, le grand-père et le petit frère du meurtrier, mais aussi la compagne de M. Sefrioui ainsi qu'un homme déjà condamné pour terrorisme et qui a été en contact avec l'assaillant, a-t-on appris de source judiciaire.

A la veille de l'hommage national qu'il rendra à M. Paty dans la cour de la Sorbonne, Emmanuel Macron a promis mardi "d'intensifier" l'action du gouvernement contre les partisans de l'islamisme politique, plus que jamais dans le collimateur des autorités.

"Il ne s'agit pas de faire de nouvelles déclarations (...) ce sont des actes qui sont attendus par nos concitoyens. Ces actes s'intensifieront", a déclaré le chef de l'Etat à Bobigny, avant d'annoncer la dissolution dès mercredi du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, fondé par M. Sefrioui.

Lors d'un entretien téléphonique, le chef de l'Etat a par ailleurs demandé à son homologue russe Vladimir Poutine un "renforcement" de la coopération entre leurs deux pays "en matière de lutte contre le terrorisme et d’immigration clandestine".

- Les réseaux sociaux en ligne de mire -

Une cinquantaine d'associations, soupçonnées d'accointances avec l'islam radical, sont au total dans le collimateur des autorités, notamment le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et l'association humanitaire BarakaCity, qui contestent les accusations portées contre elles.

Les autorités ont également ordonné la fermeture de la mosquée de Pantin, qui doit être effective mercredi pour avoir relayé sur sa page Facebook une des vidéos dénonçant le cours sur les caricatures de Samuel Paty. Mardi, sur place, les fidèles s'estimaient injustement "punis" par cette décision.

Autre volet de la réplique gouvernementale, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la création prochaine d'un "délit de mise en danger par la publication de données personnelles" sur internet afin de "reprendre le sujet" de la haine en ligne.

Dans un communiqué, les collègues de Samuel Paty ont, eux, exprimé leur "vive inquiétude face à l'impact des réseaux sociaux", "véritable fléau" dans l'exercice de leur métier.

Dans la matinée, la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa avait reçu les patrons France des réseaux sociaux et des plateformes pour les appeler "à la responsabilité" face au "cyber-islamisme".

- Lettre de Brigitte Macron -

La journée de mardi a par ailleurs été rythmée par des hommages au professeur d'histoire-géographie, dont la mort a soulevé une vive émotion.

A Conflans-Sainte-Honorine, une marche blanche a réuni en fin de journée des milliers de personnes venues saluer la mémoire de M. Paty et dire non à la "barbarie".

"On est là pour défendre la liberté d’expression en soutien à l'équipe enseignante, en protestation contre tous ces actes de barbarie", a expliqué à l'AFP Mehdi, 39 ans, habitant de Conflans venu avec sa fille de 11 ans.

Nathalie Allemand, 50 ans, est venue accompagnée de son fils, dont Samuel Paty était le professeur principal: "C’était important de venir avec mon fils pour qu'il digère. Il est choqué, il n'a pas pleuré".

Réunis sur les marches du Palais Bourbon, l'ensemble des députés, ceints de leur écharpe tricolore et masque anti-Covid sur le visage, avaient, eux, observé en début d'après-midi une minute de silence en sa mémoire.

Hommage plus discret, Brigitte Macron a écrit une lettre révélée par le Parisien dans laquelle elle salue le travail des enseignants.

"Aujourd'hui avec vous, nous sommes tous profs", écrit l'épouse du chef de l'Etat.

Auteur(s): Par Fanny LATTACH, Alexandre HIELARD - Paris (AFP)


PARTAGER CET ARTICLE :


France-Soir

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-