A Rouen, Taubira apporte son soutien à Glucksmann pour "changer l'Europe"

A Rouen, Taubira apporte son soutien à Glucksmann pour "changer l'Europe"

Publié le :

Mercredi 15 Mai 2019 - 16:32

Mise à jour :

Mercredi 15 Mai 2019 - 23:24
© NICOLAS TUCAT / AFP/Archives
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Par Stéphanie LEROUGE - Paris (AFP)

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L'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira a apporté mercredi à Rouen un vibrant soutien à la candidature de Raphaël Glucksmann aux européennes, fustigeant les "progressistes autoproclamés" et tentant de persuader les militants que "la gueule de bois c'est fini !".

Ce soutien dans la dernière ligne droite de la campagne tombe à point nommé pour la tête de liste PS-Place publique, en cale sèche dans les sondages, et au coeur d'une polémique lancée par 23 anciens ministres socialistes en raison de ses propos sur François Mitterrand et le génocide rwandais. D'ici mardi, M. Glucksmann tiendra également meeting aux côtés de Bernard Cazeneuve, de Najat Vallaud-Belkacem et de Martine Aubry.

"Il faut infléchir les politiques européennes. Il faudra modifier radicalement certaines politiques européennes. Et qui peut le faire ? (...) Ce ne sont pas des progressistes autoproclamés et démentis par leur action politique même qui pourront nous protéger", a lancé Mme Taubira, visant sans la nommer La République en Marche, devant plus de 500 personnes réunies en rangs serrés à La Halle aux Toiles.

"Ce ne sont pas des tacticiens, aussi bons soient-ils, dans de faux habits progressistes, qui vont fendre l'armure des vrais réactionnaires, des vrais xénophobes, des vrais racistes, des vrais antisémites, des vrais obscurantistes. Non, il faut mettre un terme à cette esbroufe binaire qui prétend que le jeu se déroule entre des progressistes qui s'appellent ainsi eux-mêmes sans définir ce qu'est le progrès, et des nationalistes fourre-tout. Qui peut le faire ? Nous pouvons le faire !", a-t-elle poursuivi devant un auditoire galvanisée.

Mme Taubira a salué la décision de l'essayiste de 39 ans de se lancer en politique, malgré la difficulté de la tâche: "Raphaël, tu as accepté de prendre le gouvernail dans un moment difficile, ingrat, bienvenue dans la vie politique !". Elle s'est aussi efforcée de redonner du coeur aux militants socialistes, alors que le PS peine à se remettre de sa déroute de 2017: "Proclamons à la face de tous, comme nous le démontrons ce soir, que la gueule de bois c'est fini (...) la convalescence aussi est finie. Nous avons retrouvé et récupéré toutes nos capacités !".

- "On n'a pas fait que des conneries" -

S'exprimant avant Mme Taubira, le premier secrétaire Olivier Faure s'en est vivement pris à la candidate de La République en Marche, Nathalie Loiseau.

"La principale liste, celle de la majorité parlementaire, qui se dit pro-européenne (...) a présenté son projet quinze jours avant la fin de la campagne (...) Cette même liste a désigné une candidate qui n'est même plus sur les affiches, que l'on a subtilisée", a-t-il ironisé.

"La semaine prochaine, il y a plusieurs débats télévisés. Eh bien preuve d'un féminisme accompli, d'une volonté d'assumer pleinement la tête de liste, ils ont choisi de lui dire de rester à la maison ! C'est incroyable ! (...) Le seul débat qu'elle a accepté, le seul débat qu'ils veulent (...) c'est le débat avec l'extrême droite !", s'est-il emporté, en dénonçant cette "mystification" qui voudrait que l'enjeu de la campagne soit "de savoir qui de Marine Le Pen ou d'Emmanuel Macron gagnera le troisième tour de l'élection présidentielle".

Le député de Seine-et-Marne, qui avait dressé un bilan sévère de l'action de François Hollande avant le début de la campagne, lui a rendu un hommage inattendu: "On est socialiste aussi, on n'a pas fait que des conneries, on a fait aussi des trucs formidables. François si tu m'entends, prends ce que je viens de dire comme un hommage aussi à ce que tu as pu faire pendant cinq ans", a-t-il lancé.

L'ancien président de la République doit s'exprimer dans un média la semaine prochaine, occasion sans doute pour lui de dire clairement s'il votera pour M. Glucksmann.

Raphaël Glucksmann, le 2 mai 2019

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