Retraites: un futur système "plus juste" envers les femmes?

Retraites: un futur système "plus juste" envers les femmes?

Publié le :

Jeudi 18 Juillet 2019 - 18:27

Mise à jour :

Jeudi 18 Juillet 2019 - 18:28
© Dominique FAGET / AFP
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Par AFP - Paris

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Dispositif de réversion harmonisé, taux plein à 64 ans plutôt qu'à 67, majoration dès le premier enfant... Le système de retraites dessiné jeudi par Jean-Paul Delevoye se veut "plus juste" vis-à-vis des femmes, dont les pensions sont aujourd'hui inférieures de 42% en moyenne à celles des hommes.

Carrières hachées, temps partiel, bas salaires... Les inégalités de retraites reflètent les inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes, mais aussi la "différence d'impact de l'éducation d'un enfant sur les carrières des pères et des mères", rappelle le rapport du haut-commissaire.

Ces inégalités sont même "amplifiées" par le système actuel de retraites, assure M. Delevoye, qui entend les corriger via diverses mesures.

Les pensions de réversion versées aux veufs et surtout aux veuves - dans neuf cas sur dix - devraient ainsi selon lui faire l'objet d'un "dispositif unique". Remplaçant 13 règles différentes, ce dispositif garantirait à la personne veuve "70% du total des retraites perçues" par son couple, un droit accessible "à compter de 62 ans" et sans condition de ressources.

Pour cela, les droits des ex-conjoints à une pension de réversion "seront fermés pour les divorces" après l'entrée en vigueur du nouveau système. Actuellement, la pension peut être partagée au prorata de la durée de mariage entre la dernière épouse et ses éventuelles prédécesseuses.

Autre recommandation censée favoriser les femmes, la majoration des droits à la retraite de 5% par enfant et dès le premier enfant, contre 10% actuellement pour les pères et mères de trois enfants et plus. Cette majoration pourra être partagée entre les deux parents et sera par défaut attribuée à la mère.

Les femmes seront en outre "les premières bénéficiaires" de la revalorisation du minimum de retraite à 85% du Smic net, tandis que les droits liés aux périodes de congés maternité seront calculés sur la base des revenus de l'année précédente, plus favorables.

Des mesures saluées par Pascale Coton (CFTC): "On a essayé d'éliminer tous les trous dans la raquette de la retraite des femmes".

L'instauration controversée d'un "âge d'équilibre" ou de "taux plein" à 64 ans, assorti d'un système de décote/surcote, est présentée comme une autre avancée pour la gent féminine.

Près de 20% des femmes sont de fait actuellement contraintes de continuer à travailler jusqu'à 67 ans, âge d'annulation de la décote en cas de durée de cotisation insuffisante, contre 10% des hommes.

Mais cette mesure fait "énormément tiquer" Mme Coton. Si "certaines vont pouvoir partir plus tôt", d'autres devront travailler deux ans de plus sous peine de se voir infliger une décote de 5% par an.

Philippe Martinez (CGT) a de son côté raillé la volonté affichée de M. Delevoye de réduire les inégalités de pension, l'invitant à "régler d'abord les écarts de salaires entre les femmes et les hommes".

Plus généralement, les syndicats opposés à la réforme, comme la CGT et FO, considèrent que le système à points, en prenant en compte l'ensemble de la carrière pour le calcul des pensions, pénalisera les plus précaires, notamment les femmes.

Les propositions de Jean-Paul Delevoye pour le futur "système universel" des retraites, le 18 juillet 2019


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