Seine-Saint-Denis : la fresque en hommage à George Floyd et Adama Traoré vandalisée

Seine-Saint-Denis : la fresque en hommage à George Floyd et Adama Traoré vandalisée

Publié le 05/07/2020 à 10:32 - Mise à jour à 16:54
© FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Auteur(s): Par AFP - Bobigny

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La fresque réalisée à Stains (Seine-Saint-Denis) en hommage à George Floyd et Adama Traoré a été vandalisée dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-on appris dimanche de source préfectorale.

Les mots "extorsion", "vol", "stop aux Traoré", "braqueur de femmes enceinte" (sic) ont été écrits à la peinture blanche et rouge sur les visages des deux hommes. Des constatations ont été réalisées dimanche matin par la police, selon cette même source.

Cette fresque réalisée par un collectif d'artistes locaux à la demande du maire PCF est l'objet de polémiques depuis sa réalisation mi-juin. Quelque 200 policiers avaient ainsi manifesté le 22 juin devant la préfecture à Bobigny à l'appel du syndicat Alliance pour condamner le texte qui surmonte la peinture - "contre le racisme et les violences policières". Au même moment, 150 personnes s'étaient rassemblées à Stains à l'appel du Comité Adama Traoré.

Le maire PCF de Stains, Azzédine Taïbi, a annoncé dimanche à l'AFP son intention de porter plainte lundi pour dégradation de bien public, l’œuvre ayant été réalisée sur un bâtiment municipal.

"Malheureusement, je m'attendais à ce type de dégradations. C'est odieux, honteux, indigne, et d'une grande violence. Alliance a créé une polémique et fait monter les enchères", a déclaré le maire, qui précise être destinataire depuis plusieurs semaines de "menaces de mort et d'insultes racistes par téléphone, mail et lettres anonymes".

Après avoir reçu une délégation de policiers le 22 juin, le préfet de la Seine-Saint-Denis avait mis en demeure Azzédine Taïbi de faire effacer de la fresque le terme "violences policières".

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait estimé le lendemain que la fresque mettait "en scène un amalgame honteux entre racisme, violence et forces de l'ordre" et soutenu "l'initiative" du préfet.

"Si cette fresque disparaît, si une lettre disparaît, le seul responsable sera le syndicat de police Alliance", avait rétorqué Assa Traoré, la sœur d'Adama.

Le maire de Stains, qui dit "ne pas saisir le sens de cette mise en demeure infondée", avait déclaré jeudi à l'AFP avoir mandaté son avocat "afin d'étudier les suites à donner au préfet".

"Le sujet des violences policière existe, il a été évoqué par le Défenseur des Droits, et même par Emmanuel Macron et Christophe Castaner, qui se sont ensuite rétractés. Ce n'est un secret pour personne!", a-t-il estimé dimanche. "Evoquer les violences policières n'incrimine pas tous les policiers, comme les violences conjugales n'incriminent pas tous les époux".

La fresque représente sur un fond bleu agrémenté de nuages, les visages de George Floyd, Américain noir asphyxié par un policier blanc lors de son interpellation aux États-Unis, et d'Adama Traoré, mort en juillet 2016 après son arrestation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise).

Les graffeurs qui l'ont réalisée se chargeront d'effacer les graffitis, a précisé le maire de Stains.

Auteur(s): Par AFP - Bobigny


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Graffitis visibles sur la fresque, réalisée par un collectif d'artistes locaux contre le racisme et les violences policières, après avoir été vandalisée à Stains le 5 juillet 2020

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