Sidaction: 25 ans après la première édition, gare à la "banalisation"

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Sidaction: 25 ans après la première édition, gare à la "banalisation"

Publié le 03/04/2019 à 08:37 - Mise à jour le 05/04/2019 à 07:46
© FLORIAN SCHUH / DPA/AFP/Archives
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Auteur(s): Par Paul RICARD - Paris (AFP)

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En 1994, lors du premier Sidaction, la comédienne Clémentine Célarié embrassait un séropositif sur la bouche pour montrer que le virus ne se transmet pas ainsi. 25 ans plus tard, alors que les traitements ont progressé, l'association alerte sur la "banalisation" de l'épidémie.

"Comme le dit notre slogan, n'oublions pas que le virus du sida est toujours là", déclare à l'AFP Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, avant la 25e édition de cet événement caritatif soutenu par les télévisions et les radios, de vendredi à dimanche.

"Il y a une telle banalisation du VIH et du sida qu'on dirait que plus personne ne s'y intéresse", s'alarme la chercheuse, codécouvreuse du virus au début des années 80 et prix Nobel de médecine 2008.

Selon les derniers chiffres officiels, publiés fin mars, 6.400 personnes ont découvert leur séropositivité en France en 2017, un nombre qui ne baisse plus depuis plusieurs années.

"On arrive à une sorte de plateau", regrette Françoise Barré-Sinoussi. "C'est extrêmement inquiétant. J'étais récemment à une soirée-débat avec des jeunes, et ils ne se sentaient pas réellement concernés".

Sidaction vient de publier un sondage selon lequel 23% des jeunes s'estiment mal informés, soit deux fois plus qu'en 2009. "C'est le niveau le plus haut atteint depuis 10 ans", selon l'association.

23% des 15-24 ans pensent qu'il existe des médicaments pour guérir du sida, contre 13% en 2009, selon ce sondage Ifop-Bilendi réalisé en ligne fin février auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 personnes.

Or, si les traitements par trithérapie permettent aujourd'hui de rendre le virus indétectable et d'empêcher sa transmission, on ne sait toujours pas l'éliminer de l'organisme.

"Si on veut mettre fin à l'épidémie, il faut financer la recherche", martèle la Pr Barré-Sinoussi.

- "Grand donateur" -

Une séquence d'appel aux dons de quatre minutes sera retransmise en direct vendredi à 20h41 par toutes les chaînes de télévision participantes (sauf M6, qui la diffusera en léger différé vers 21h00).

Les dons peuvent être faits par téléphone (110, appel gratuit), par SMS (envoyer "DON" au 92110 pour un don de 5 euros) et par Internet (www.sidaction.org).

Dans un contexte de baisse générale des dons aux associations, le Sidaction avait réuni l'an passé 4,4 millions d'euros de promesses de dons, soit plus qu'en 2017. Ses responsables ne dévoilent pas le montant final des dons effectivement récoltés, mais assurent qu'il est lui aussi supérieur à celui de 2017.

Cette augmentation est toutefois due au "don exceptionnel d'un grand donateur" anonyme, dont le montant n'est pas précisé.

Les figures historiques de Sidaction, comme son ancien président Pierre Bergé, décédé en 2017, ou sa vice-présidente Line Renaud, ont toujours su toucher ce type de donateurs grâce à leur réseau.

"Heureusement qu'il y a Line, car Pierre n'est plus là et ce n'est pas moi qui vais attirer les donateurs", reconnaît Françoise Barré-Sinoussi, qui a succédé à M. Bergé et va vivre sa deuxième édition comme présidente.

Le parrain de l'événement sera cette année le couturier Jean Paul Gaultier.

Le nombre de porteurs du VIH en France est évalué à environ 172.000, dont 24.000 sont séropositifs sans le savoir.

La France est cette année au centre de la lutte contre le sida puisqu'elle accueillera le 10 octobre à Lyon la conférence de financement du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Appelé "conférence de reconstitution des ressources", cet événement a lieu tous les trois ans.

Auteur(s): Par Paul RICARD - Paris (AFP)


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"Comme le dit notre slogan, n'oublions pas que le virus du sida est toujours là", déclare à l'AFP Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction.

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