Soupçons de bizutage à l'Ensam d'Angers: l'inspection générale saisie

Soupçons de bizutage à l'Ensam d'Angers: l'inspection générale saisie

Publié le :

Mardi 19 Décembre 2017 - 18:05

Mise à jour :

Mardi 19 Décembre 2017 - 18:30
© FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives
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Par AFP

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L'inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la Recherche (IGAENR) a été saisie après que des étudiants ont été brûlés lors d'un rituel d'intégration à l'Ecole nationale supérieure des arts et métiers (Ensam), en octobre, à Angers, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Enseignement supérieur.

"La direction de l'Ensam d'Angers a contacté le ministère dès les faits connus" (mi-octobre, NDLR), indique-t-on au ministère qui précise qu'il s'agit de brûlures sur les bras avec une cuillère chauffée à blanc.

"L'inspection générale a été saisie à la demande de la ministre Frédérique Vidal afin de comprendre comment de tels comportements peuvent perdurer malgré les mesures prises ces dernières années", souligne-t-on de même source.

Les conclusions de cette enquête sont attendues pour fin janvier, peu après une commission disciplinaire interne à l'école, prévue le 10 janvier.

Aucune plainte n'a été déposée, ni par les étudiants ni par leur famille, selon le parquet d'Angers.

"On a franchi une étape, là. C'est l'escalade. Avant, il y avait une pression psychologique. Là, ce sont carrément des sévices. Comment est-ce que, dans une grande école comme ça, on peut encore faire ça?", a réagi Marie-France Henry, présidente du Comité national contre le bizutage.

"Ce n'est pas de l'humiliation, ce n'est pas dégradant? C'est quoi alors? C'est de la torture, tout simplement", s'insurge-t-elle avant de réclamer "une condamnation en justice".

Les faits se sont déroulés le 11 octobre lors d'une "période de transmission des valeurs". L'école, contactée par l'AFP, a précisé avoir suspendu "la période de transmission des valeurs sur tous les sites" après avoir été informée des faits et avoir ouvert une enquête administrative.

"Nous sommes particulièrement vigilants et intransigeants par rapport au cadre défini par la loi de 1998 et au décret de juillet 2016", explique l'école qui assure informer "chaque année les étudiants de la stricte interdiction et des conséquences -y compris pénales- de toute pratique de bizutage, et leur rappellent très régulièrement ces règles".

"La protection des élèves est notre première priorité et nous réaffirmons notre très grande fermeté à cet égard", affirme la direction.

En février 2016 les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur, alertés par un rapport sur des pratiques de bizutage à l'Ensam "perpétrés à l'occasion de manifestations liées à la période dite de +transmission des valeurs+", avaient promis de les faire cesser en réformant la gouvernance de l'école.

Un précédent rapport avait été déjà commandé en 2014 à l'IGAERN à la suite de témoignages faisant état de dérives, de pratiques de bizutage et de plusieurs incidents graves survenus en marge d'événements liés à la vie étudiante de l'établissement.

Les locaux historiques de l'Ensam sont situés à Paris mais l'école dispose de plusieurs campus sur le territoire français.

Depuis la loi du 17 juin 1998, le bizutage est interdit en France et passible de six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende, que la victime soit consentante ou non.

"L'inspection générale a été saisie à la demande de la ministre Frédérique Vidal" ici à l'Assemblée le 22 novembre 2017, souligne-t-on au ministère


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