Un corps exhumé en Charente pour tenter de résoudre un mystère de 20 ans

Un corps exhumé en Charente pour tenter de résoudre un mystère de 20 ans

Publié le :

Mercredi 04 Septembre 2019 - 19:19

Mise à jour :

Mardi 10 Septembre 2019 - 17:20
© MARTIN BUREAU / AFP/Archives
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Par AFP - Angoulême

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Une énigme vieille de plus de 20 ans va-t-elle être résolue ? L'exhumation mercredi du corps de Paquita Parra, tuée en 1998 en Charente, suscite dans sa famille l'espoir de connaître enfin la vérité sur ce meurtre non élucidé, longtemps considéré comme un "cold case".

Le corps de cette employée de supermarché de 30 ans, a été exhumé dans l'après-midi du cimetière de Villebois-Lavalette, à 25 km d'Angoulême, en présence des frères de la victime et de l'avocate de la famille.

Le corps sera analysé par les experts de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) en région parisienne.

"On espère vraiment que les analyses vont donner quelque chose. Il n’y a pas une nuit où je ne pense au meurtre de ma sœur", a dit à un correspondant de l'AFP David Parra, le cadet de la famille, entouré de ses frères, "toute la famille vit depuis 20 ans un cauchemar, on veut savoir qui lui a fait ça".

Me Christine Maze, avocate de la famille, a bon espoir que l'on comprenne comment est morte la jeune femme : "Les techniques de la police scientifique ont considérablement évolué. A l’aide de scanners, ils devraient pouvoir déterminer en analysant les os si elle a été tuée avec un objet contondant ou encore si on lui a tiré dessus", ajoute l'avocate.

Le corps carbonisé de Paquita avait été retrouvé dans sa voiture incendiée sur un parking isolé à Puymoyen, dans la banlieue d'Angoulême, début décembre 1998.

Vu l'état du corps et les moyens techniques de l'époque, il n'avait pu faire l'objet d'investigations aussi poussées que c'est aujourd'hui possible, en matière d'ADN, de scanner, de 3D notamment, selon Me Maze.

- Spectaculaire rebondissement -

La piste de l'assassinat avait été privilégiée et un ex-petit ami de la victime, un temps soupçonné, avait été mis en examen, incarcéré puis mis hors de cause et relâché.

L'enquête s'était achevée par un non-lieu en 2010, au terme d'un "fiasco judiciaire", selon Me Maze.

L'information judiciaire avait été rouverte et l'instruction confiée à un nouveau juge en 2018, après un rebondissement spectaculaire en 2017 : la découverte d'effets personnels de Paquita -- un porte-chéquier, une petite boîte, des cartes de consommation, un passe -- dans un bois sur la même commune de Puymoyen.

Cette découverte "est fondamentale pour la suite de l’enquête", croit l'avocate, "ce qui était à l’intérieur était dans un excellent état de conservation" faisant penser que ces effets avaient été déposés assez récemment.

"Peut-être par une personne affolée par la reprise" d'une enquête préliminaire en 2017 par un nouveau procureur, dit-elle, "et ce bois est si proche du lieu du crime qu’il semble évident que les effets de Paquita ont été mis là par quelqu’un qui vit dans le coin".

"On se dit que c’est quelqu’un que l’on croise souvent qui nous sourit, à qui on serre la main de temps à autre. C’est terrible à vivre", dit un frère, Jean-Marie.

L'exhumation doit donner des explications sur les circonstances de la mort et corréler avec des éléments d'enquête. Car celle-ci se poursuit aussi, avec notamment des techniques modernes de géolocalisation et en lien avec un profil ADN trouvé sur les effets découverts en 2017.

Un profil "qui a été isolé mais reste à identifier", selon une source proche du dossier, qui évoque une enquête pointant vers "l'entourage proche, ne serait-ce que géographiquement" de Paquita.

Me Maze a dit espérer qu'un dénouement "est une question de mois", et comme la famille de Paquita, a lancé un appel à "ceux qui savent" pour venir parler. "C'est le moment".

Un expert de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) procède à des analyses, en mai 2015 à Pontoise


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