Un policier renversé près de Lyon entre la vie et la mort, conducteur en fuite

Un policier renversé près de Lyon entre la vie et la mort, conducteur en fuite

Publié le 11/01/2020 à 12:11 - Mise à jour à 17:00
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Auteur(s): Par Sandra Laffont avec Grégory Danel à Paris - Lyon (AFP)

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Un policier de 45 ans était samedi entre la vie et la mort après avoir été volontairement renversé par un fourgon lors d'une opération nocturne à Bron, en banlieue de Lyon. Le conducteur est activement recherché.

"Alors qu'il tentait d'appréhender un véhicule suspect dans le cadre d'une enquête pour vol de fret et vols à main armée, un policier a été volontairement percuté par le conducteur. Il est actuellement entre la vie et la mort, et son état hélas, ne nous laisse que peu d'espoir", a annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

La victime, Franck L., appartient au Groupe d'appui opérationnel (GAO) à la Sûreté départementale du Rhône, qui intervient lors d'interpellations délicates et dangereuses. Il "a été opéré, son état demeure critique mais stable sans que les médecins ne puissent actuellement se prononcer", a indiqué le procureur de la République de Lyon, Nicolas Jacquet. Il est actuellement dans le coma.

Deux enquêtes sont en cours, a précisé M. Jacquet: une pour "tentative d'homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique" confiée à la Direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon (DIPJ), et une autre pour "vols aggravés commis en bande organisée" confiée à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de Lyon.

Les faits se sont produits autour de 2H00 du matin dans la nuit de vendredi à samedi lors d'une tentative d'interpellation d’individus en lien avec une enquête pour des chefs de "vols aggravés en bande organisée", ajoute le parquet.

- Fourgon retrouvé vide -

Selon le récit d'une source policière, des policiers de la Sûreté départementale surveillaient des malfaiteurs à bord d'un fourgon Volkswagen.

Ils sont alors vus en train de commettre un vol de fret sur une aire d'autoroute de l'A43 vers l'Isle-d'Abeau (Isère), avec les occupants d'une autre voiture.

Les deux véhicules se séparent. Le fourgon, alors sur le périphérique lyonnais, s'apprête à sortir au niveau de Bron. Les policiers décident à ce moment de tenter de l'interpeller sur la bretelle, poursuit cette source.

Ils placent plusieurs véhicules avec gyrophare pour l'immobiliser. Mais le fourgon se dégage, emboutit des véhicules de police et, en marche avant, percute le gardien de la paix qui était sorti arme à la main.

Le fourgon prend alors la fuite. Il sera retrouvé vide à Villeurbanne, selon cette même source policière.

Vers 3H20, le conducteur, âgé de 19 ans, de l'autre voiture qui avait participé au vol initial sur l'aire d'autoroute a été interpellé par la BAC, à Bron, ajoute cette source. La garde à vue en cours se déroule dans le cadre de l'enquête pour vols par celle pour tentative d'homicide, a précisé le parquet.

Samedi à la mi-journée, les seules traces visibles à la sortie du périphérique à Bron étaient du sable recouvrant des tâches de sang et des marques au sol indiquant le positionnement des différents protagonistes, a constaté un photographe de l'AFP.

- "Insupportable", "innommable" -

"La police lyonnaise est sous le choc", a réagi Alternative Police (CFDT) qui décrit un collègue syndicaliste "discret, apprécié de tous".

"Lorsque que l'on sait qu'on ne risque pas grand-chose lorsqu'on outrage, lorsqu'on agresse le policier, tout est donc permis et on n'a plus peur de lui jusqu’à commettre le pire... C'est inacceptable, la justice doit condamner plus fermement ceux qui s'en prennent aux policiers", a réagi auprès de l'AFP le délégué général du syndicat policier Alliance, Frédéric Lagache.

"Nous ne sommes pas de la chair à canon... ça devient insupportable", a-t-il encore estimé.

"J'espère que le conducteur en fuite sera arrêté et traduit en justice pour cet acte innommable", a tweeté de son côté le président de la métropole de Lyon, David Kimelfeld.

En 2018, 11 policiers sont décédés dans l'exercice de leurs fonctions, quatre lors d'opérations, sept pendant leurs heures de travail mais en dehors de missions opérationnelles, selon les derniers chiffres disponibles de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Un bilan bien plus lourd qu'en 2017 où quatre fonctionnaires avaient perdu la vie.

Auteur(s): Par Sandra Laffont avec Grégory Danel à Paris - Lyon (AFP)

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