Virus: plus de 7.500 morts en France, pas de relâchement malgré les vacances

Virus: plus de 7.500 morts en France, pas de relâchement malgré les vacances

Publié le 04/04/2020 à 18:37 - Mise à jour à 23:18
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Auteur(s): Par Laure FILLON avec les bureaux de l'AFP - Paris (AFP)

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Les Français sont invités à ne pas relâcher l'effort et à passer à la maison les congés de Pâques, qui ont débuté ce week-end, afin de garantir le confinement et lutter contre l'épidémie de coronavirus, qui a fait plus de 7.500 morts dans le pays.

Le pays, confiné depuis le 17 mars pour lutter contre l'expansion de l'épidémie, a enregistré 441 décès supplémentaires dans les dernières 24 heures à l'hôpital, moins que vendredi quand avait été enregistré le pire bilan quotidien depuis le début de l'épidémie (588 morts).

En prenant en compte les 2.028 décès dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux, cela porte à 7.560 le bilan total des décès dus à ce virus.

Depuis vendredi, début des vacances scolaires dans la zone C qui regroupe les académies d'Ile-de-France et d'Occitanie, plus de 160.000 policiers et gendarmes sont mobilisés, et pour tout le week-end, afin de faire appliquer les mesures de confinement.

"Les départs en vacances, qui étaient un peu redoutés, sont globalement reportés à une date ultérieure", a constaté le capitaine Sylvain Guilhon, qui participait au dispositif de surveillance de la gendarmerie autour de Bordeaux, en hélicoptère.

Les rares vacanciers à être partis sur les routes ont été "pris en charge par nos camarades de la gendarmerie mobile en renfort sur le secteur, mais globalement c'était bien respecté", a-t-il dit à l'AFP.

Pour dissuader toute velléité de se rendre sur le littoral, les hébergements de tourisme n'ont pas le droit d'accueillir du public dans toutes les communes du littoral de Nouvelle-Aquitaine, de la Charente-Martime aux Pyrénées-Atlantiques, jusqu'au 15 avril.

143 communes sont concernées - notamment sur les îles de Ré et d'Oléron, dans les Landes, sur la côte basque - et tout type de logement: chambres d'hôtes, meublés touristiques, hôtels...

"L'afflux massif de population favoriserait la contagion et pourrait entraîner de fortes tensions sur les établissements de santé déjà mobilisés, en particulier sur les services de réanimation", a averti la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

- Nouvelles évacuations -

Samedi, plus de 6.800 personnes se trouvaient en réanimation. "Ce soir, nous n'avons jamais eu autant de patients en réanimation", a souligné le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, au cours de son point presse quotidien, même s'il y a bien un ralentissement progressif des admissions.

"Le nombre de lits nécessaires chaque jour est un peu moins élevé que la veille mais on doit quand même accueillir en permanence de nouveaux patients", a-t-il rappelé, invitant à la plus "grande prudence". D'autant plus que la prise en charge de la maladie est longue, souvent d'au moins dix jours.

Le pic de l'épidémie se rapproche, a-t-il estimé, invitant une fois de plus à la vigilance et à ne "pas relâcher l'effort".

La région Grand Est, particulièrement touchée, espère enfin connaître une prochaine accalmie, avec un pic atteint "sûrement avant le 25 avril", grâce notamment à "l'efficacité" des mesures de confinement, selon le directeur de l'Agence régionale de santé Christophe Lannelongue.

Face au risque de saturation des hôpitaux, notamment dans le Grand Est et en Ile-de-France, les évacuations se poursuivent vers les régions moins touchées. Au total, selon la DGS, plus de 550 patients dans un état critique ont été évacués depuis le 18 mars. Dimanche, deux trains sanitaires évacueront des patients franciliens vers la Bretagne, a annoncé samedi soir l'Agence régionale de santé.

Pour abriter les sans-abris, plus de 7.800 places supplémentaires ont été mobilisées dans des hôtels.

- Masques obligatoires -

Sur le plan des équipements de protection, "il y a une recherche effrénée de matériel", a témoigné Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, sur France Inter. "Ça se détend, on voit que des livraisons arrivent, commandées par l'Etat ou les régions. (...) Il faudra qu'on tire les conclusions plus tard de ce qui s'est passé".

Concernant le débat sur le port de masques, et contrairement aux assertions gouvernementales des premières semaines, l'Académie de médecine a estimé vendredi que porter un masque "grand public" ou "alternatif" aux masques médicaux devrait être rendu obligatoire pour les sorties pendant la période de confinement et lors de sa levée.

Cette volte-face risque d'alimenter la confusion du public, voire des accusations de mensonge. "Le masque alternatif peut être un complément" mais il "ne remplace pas les mesures de confiment et les gestes barrières", a affirmé M. Salomon dans la soirée.

La France a commandé près de deux milliards de masques en Chine, a indiqué samedi le ministre de la Santé Olivier Véran. 500.000 masques seront livrés par jour au secteur médico-social, a-t-il précisé, reconnaissant qu'il restait des "problèmes de logistique".

Il a aussi souligné que les personnes atteintes de handicap "doivent bénéficier des mêmes soins que le reste de la population", rappelant que "le handicap ne doit pas être un critère de refus de soins".

Alors qu'une course contre la montre est engagée pour trouver un remède contre la maladie, plusieurs établissements dont l'AP-HP ont annoncé le lancement la semaine prochaine d'un essai clinique consistant à transfuser du plasma sanguin de personnes guéries du Covid-19 - contenant des anticorps dirigés contre le virus - vers des malades en phase aiguë. De tels essais sont déjà menés aux Etats-Unis et en Chine.

En outre, un appel de personnalités médicales lancé par l'ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, et signé par des figures comme Patrick Pelloux, a appelé à assouplir d'urgence les possibilités de prescription d'hydroxychloroquine, ce traitement dont l'usage contre le coronavirus fait toujours débat dans la communauté scientifique.

Cet appel a été relayé par une pétition baptisée "#NePerdonsPlusDeTemps", qui avait déjà recueilli plus de 142.000 soutiens sur la plateforme Change.org samedi soir.

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Auteur(s): Par Laure FILLON avec les bureaux de l'AFP - Paris (AFP)


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