L'ONU prépare des négociations de paix sur le Yémen, théâtre de nouveaux combats

L'ONU prépare des négociations de paix sur le Yémen, théâtre de nouveaux combats

Publié le :

Lundi 19 Novembre 2018 - 22:06

Mise à jour :

Mardi 20 Novembre 2018 - 23:50
©DR
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Par Jamil NASSER avec Amal MOHAMMED à Hodeida - Sanaa (AFP)

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L'émissaire de l'ONU, Martin Griffiths, revient au Yémen avec l'espoir de préparer de prochaines consultations de paix en Suède même si les appels à l'accalmie sur le front militaire n'ont pas empêché de violents combats à Hodeida, port stratégique essentiel à l'aide humanitaire.

M. Griffiths, encouragé par de meilleures dispositions des rebelles et du gouvernement à négocier, est attendu à Sanaa mercredi selon son bureau à Amman. Cette information a été confirmée par des sources proches des Houthis, qui contrôlent la capitale.

L'émissaire de l'ONU a appelé lundi les parties en conflit à "la retenue en vue de créer un climat propice à la tenue de consultations" de paix, après l'échec de plusieurs tentatives de mettre un terme à une guerre dévastatrice qui s'est intensifiée en mars 2015.

Mais après une journée calme mardi à Hodeida, de violents combats ont repris dans la nuit dans les quartiers sud et est de la ville portuaire, selon un correspondant de l'AFP et des habitants.

Des habitants de la partie est de la ville contactés par téléphone ont indiqué à l'AFP qu'ils entendaient le bruit de violents affrontements et que des éclats d'obus tombaient sur des quartiers résidentiels.

Dans la nuitprécédente, de lundi à mardi, les combats, les plus violents depuis la désescalade du 14 novembre, s'étaient concentrés dans l'est de Hodeida. Les rebelles tiraient à l'artillerie et les forces pro-gouvernementales ripostaient, soutenus par des raids aérien de la coalition sous commandement saoudien, selon des responsables des forces loyalistes.

- Trêve fragile -

Les médias des rebelles ont rapporté que ces affrontements avaient duré quatre heures et affirmé que les forces pro-gouvernementales ont subi de "lourdes pertes" mais aucun bilan n'était disponible mardi.

Les accrochages à Hodeida, par où transitent 75% des aides humanitaires, ont eu lieu en dépit des positions exprimées lundi par les parties en conflit en faveur de la paix.

Le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, avait déclaré qu'il enverrait une délégation à Stockholm.

Avant lui, le chef rebelle Mohammed Ali al-Houthi exhortait ses partisans à mettre fin "aux tirs de missiles et drones" et proposé "de cesser toutes les opérations militaires sur tous les fronts", pour montrer les "bonnes intentions" des rebelles.

La Grande-Bretagne a présenté au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution demandant une trêve à Hodeida et le passage, sans obstacles, de l'aide humanitaire.

Aucune date n'a été fixée pour le vote de ce texte, présenté après un rapport de Martin Griffiths qui a proposé la tenue de pourparlers à Stockholm.

- "Cesser les ventes d'armes" -

L'émissaire de l'ONU a dit à la télévision Sky news qu'il tablait sur un démarrage des négociations "dans quelques semaines". Et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a indiqué qu'elles pourraient avoir lieu "début décembre".

En 2015, l'Arabie saoudite, voisine du Yémen, a pris la tête d'une coalition militaire pour aider le gouvernement Hadi à stopper une offensive des rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, puissance régionale rivale du royaume saoudien.

Le Yémen, pays pauvre en proie à la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, est quasiment divisé en deux, les forces progouvernementales contrôlant le sud et une bonne partie du centre et les rebelles Sanaa ainsi que le nord et une bonne partie de l'ouest.

La guerre a fait quelque 10.000 morts et 14 millions de personnes se trouvent en situation de pré-famine, selon l'ONU.

Human Rights Watch (HRW) a demandé à la France, où est attendu mercredi le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, de cesser ses ventes d'armes aux Emirats arabes unis, autre pilier de la coalition.

"Si le président (Emmanuel) Macron est vraiment préoccupé par la crise humanitaire au Yémen, il devrait dire au prince héritier que la France cessera de vendre des armes aux Émirats arabes unis", a déclaré mardi Bénédicte Jeannerod, directrice France chez HRW.

Pour faire face à la crise alimentaire, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont annoncé mardi une aide supplémentaire de 500 millions de dollars en faveur des agences de l'ONU et des ONG travaillant au Yémen.

Municipale 2014


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