Brexit: l'UE met Londres face à ses responsabilités et affiche son unité

Brexit: l'UE met Londres face à ses responsabilités et affiche son unité

Publié le :

Mardi 15 Janvier 2019 - 22:52

Mise à jour :

Mardi 15 Janvier 2019 - 23:04
© HO / PRU/AFP
PARTAGER :

Par Christian SPILLMANN, Céline LE PRIOUX - Bruxelles (AFP)

-A +A

L'Union européenne a affiché mardi son unité face à Londres et appelé Londres à clarifier sa position, après le rejet massif par le parlement britannique de l'accord de Brexit qui accroît le risque d'une séparation chaotique.

"Il appartient maintenant au gouvernement britannique de dire quelle est la prochaine étape. L'UE va rester unie et déterminée à trouver un accord", a déclaré le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, devant des journalistes aux parlement européen à Strasbourg.

Le rejet par le parlement britannique de l'accord négocié sur le Brexit a accru le risque d'un divorce sans accord, a mis en garde le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans un communiqué.

"J'appelle le Royaume-Uni à clarifier ses intentions dès que possible. Le temps est presque écoulé", a déclaré le président de l'exécutif européen, ajoutant "prendre note avec regret du vote britannique".

Le président du Conseil de l'UE, Donald Tusk, qui représente les dirigeants des États membres, a suggéré après l'échec du Premier ministre Theresa May à vendre son accord de Brexit aux législateurs, que la Grande-Bretagne renonce à sortir de l'Union.

"Si un accord est impossible, et que personne ne veut un non-accord, alors qui aura finalement le courage de dire quelle est la seule solution positive ?", a demandé M. Tusk, premier dirigeant européen à s'exprimer après le vote, dans un tweet.

M. Juncker a souligné que le Parlement européen et les institutions européennes poursuivront leurs efforts en vue de ratifier l'accord qu'ils ont signé avec Mme May en novembre, dans l'espoir d'éviter une rupture catastrophique.

"Du côté de l'UE, le processus de ratification de l'accord de retrait continue", a-t-il dit.

"L'accord de retrait est un compromis équitable et le meilleur accord possible. Il réduit les dommages causés par le Brexit pour les citoyens et les entreprises de toute l'Europe. C'est le seul moyen d'assurer un retrait ordonné du Royaume-Uni de l'Union européenne ", a ajouté M. Juncker.

Il a précisé que même si la Commission ne voulait pas d'un divorce sans accord, l'exécutif européen allait "continuer à préparer son travail de solution d'urgence pour être certain que l'UE est totalement préparée" aux conséquences d'un Brexit brutal.

- "Mauvaise nouvelle" -

Les 27 pays restants dans l'UE "vont rester unis" face à Londres après le rejet par les députés britanniques de l'accord négocié avec Theresa May, a déclaré mardi soir un porte-parole du président du Conseil européen.

"Nous regrettons le résultat de ce vote et nous exhortons le gouvernement britannique à clarifier ses intentions aussitôt que possible", a dit le porte-parole, ajoutant que M. Tusk avait consulté les dirigeants des autres pays de l'UE.

Le président du parlement européen, l'Italien Antonio Tajani a qualifié le vote de "mauvaise nouvelle". "Nos premières pensées vont aux 3,6 millions de citoyens européens qui vivent au Royaume-Uni et aux Britanniques qui vivent dans d'autres pays d'Europe", a-t-il ajouté.

"Ils ont besoin d'assurances en ce qui concerne leur avenir. Nous serons toujours à leur côté", a-t-il promis.

Plusieurs dirigeants européens ont réagi dès mardi soir. "La pression est du côté de la Grande-Bretagne" pour trouver une solution, a déclaré le président français Emmanuel Macron.

Regrettant le vote britannique, le Premier ministre belge, Charles Michel, comme le chancelier autrichien Sebastian Kurz et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, ont aussi souligné que "la balle était dans dans le camp des Britanniques".

Sebastian Kurz, a réaffirmé la ligne de Bruxelles, en excluant "toute renégociation de l'accord de retrait" conclu en novembre entre Mme May et les 27.

La Première ministre Theresa May devant les députés britanniques, le 15 janvier 2019 à Londres


Commentaires

-