Catalogne: des électeurs occupent des bureaux de vote pour garantir le référendum

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Catalogne: des électeurs occupent des bureaux de vote pour garantir le référendum

Publié le 29/09/2017 à 18:47 - Mise à jour le 30/09/2017 à 13:25
© PAU BARRENA / AFP
PARTAGER :

Auteur(s): Par AFP

-A +A

Forts de dizaines d'écoles occupées, les séparatistes de Catalogne se préparaient samedi pour un référendum d'autodétermination à haut risque prévu dimanche malgré l'interdiction formelle de la justice et du gouvernement espagnol.

Dès le début de matinée, la télévision espagnole montrait en direct l'intérieur de certaines salles de classe, où parents et enfants prenaient leur petit déjeuner dans un joyeux désordre.

Des occupations pacifiques ont débuté vendredi soir dans des dizaines d'écoles, avec comme objectif de les maintenir ouvertes pour qu'elles puissent servir de bureaux de vote dimanche, alors que la justice a ordonné à la police de fermer tous les locaux qui pourraient accueillir la consultation.

Les parents d'élèves jouent sur le "droit à organiser des activités" extra-scolaires comme des pique-niques.

"Votarem" ("nous voterons" en catalan) ont scandé vendredi soir des indépendantistes, environ 10.000, venus assister au dernier meeting de Carles Puigdemont, le président de Catalogne.

Les dirigeants séparatistes ont assuré qu'ils disposeraient dimanche de 2.315 bureaux de vote, dont 207 à Barcelone, pour ce référendum interdit par la Cour constitutionnelle, alors que les 7,5 millions de Catalans sont divisés à parts presque égales entre anti et pro-indépendance.

Des "comités de défense du référendum" se sont organisés, avec des consignes d'occupation pacifique.

"Espérons que l'autre visage de la "révolution du sourire" ne soient pas des groupes ultra-violents qui attendent l'opportunité d'entrer en action", s'inquiète néanmoins le quotidien de centre-droit El Mundo.

Trois personnes ont porté plainte après avoir été légèrement blessées vendredi soir par des tirs de carabine à plomb devant une école occupée à 80 km au nord de Barcelone, selon la police catalane.

- Risques de troubles -

La police régionale catalane, les Mossos d'Esquadra, a dit craindre des troubles et annoncé qu'en cas d'occupation de bureaux de vote, elle ferait savoir aux organisateurs qu'ils ont l'obligation de quitter les lieux avant "dimanche à 06H00 du matin", préférant donc ne pas appliquer la manière forte d'office.

Le gouvernement central a envoyé en renfort quelque 10.000 agents de la police nationale et de la Garde civile.

A Madrid, plusieurs milliers d'opposants étaient réunis devant la mairie de la capitale dans une marée de drapeaux espagnols, scandant "la Catalogne, c'est l'Espagne" ou "Puigdemont en prison!"

En Catalogne, les forces de l'ordre, qui ont saisi depuis la mi-septembre des millions de bulletins de vote, recherchent toujours les milliers d'urnes que les indépendantistes veulent utiliser.

Carles Puigdemont, qui a promis de déclarer unilatéralement l'indépendance de la Catalogne en cas de victoire du "oui", a semblé samedi adopter un ton plus conciliant dans une interview au journal indépendantiste Ara.

"Je crois que quoi qu'il se passe la Catalogne aura gagné le droit d'être respectée et entendue, dit-il. Je ne dis pas être reconnue comme Etat indépendant, mais le droit à être écoutés et respectés nous l'avons gagné (...) A partir du 2 octobre les choses seront différentes, y compris dans la politique espagnole".

- Profondément divisée -

Avec le face-à-face entre Madrid et les séparatistes en Catalogne, l'Espagne traverse l'une de ses pires crises depuis le rétablissement de la démocratie après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.

Madrid a multiplié les mesures judiciaires et les opérations de police pour empêcher la consultation sans entamer la détermination des séparatistes au pouvoir en Catalogne depuis 2015.

"Les responsables se rendent coupables d'un acte de déloyauté très grave" et auront à répondre de leurs actes devant la justice, a martelé vendredi le porte-parole du gouvernement conservateur espagnol Iñigo Mendez de Vigo.

L'indépendantisme a progressé de façon exponentielle depuis la crise économique de 2008 et surtout après la décision de la Cour constitutionnelle en 2010 de raboter le statut d'autonomie de la Catalogne.

Les Catalans opposés à l'indépendance restent plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%), selon un sondage du gouvernement indépendantiste publié en juillet.

Les anti-indépendantistes ont donné pour consigne de ne pas voter.

Auteur(s): Par AFP


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




PARTAGER CET ARTICLE :


Des policiers tentent d'empêcher des catalans de voter au référendum d'autodétermination, le 29 septembre 2017 à Barcelone

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-