Chine: un évêque "disparu" malgré l'accord avec le Vatican

Chine: un évêque "disparu" malgré l'accord avec le Vatican

Publié le :

Jeudi 15 Novembre 2018 - 11:59

Mise à jour :

Jeudi 15 Novembre 2018 - 12:06
© ALBERTO PIZZOLI / AFP/Archives
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Par AFP - Pékin

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Un évêque de l'Eglise catholique clandestine en Chine a disparu depuis plus d'une semaine, faisant craindre une interpellation par les autorités moins de deux mois après un rapprochement historique entre le Vatican et le régime communiste.

Shao Zhumin, évêque reconnu par le pape mais pas par Pékin dans la grande ville de Wenzhou (est), n'a pas donné de nouvelles depuis la semaine dernière, a rapporté à l'AFP un prêtre de l'Eglise clandestine qui a quitté la Chine pour Rome l'an dernier.

Selon lui, c'est au moins la quatrième fois cette année que Mgr Shao disparaît, mais la première depuis que le Vatican et la Chine ont annoncé fin septembre un accord sur la nomination des évêques.

Les membres du clergé de l'Eglise clandestine sont fréquemment placés en détention pour des périodes variant habituellement entre 10 et 15 jours, mais les fidèles espéraient que ces interpellations prendraient fin avec l'accord, selon le prêtre.

"Je connais personnellement Mgr Shao Zhumin et je n'ai pas pu le joindre ces derniers temps", a ajouté un spécialiste du catholicisme chinois au Centre d'études du Saint-Esprit à Hong Kong, Anthony Lam.

Après la rupture entre la Chine et le Vatican dans les années 1950, les quelque 10 millions de catholiques chinois sont divisés entre une Eglise officielle, contrôlée par Pékin, et une Eglise clandestine.

Les deux Etats n'entretiennent pas de relations diplomatiques, le Saint-Siège reconnaissant le gouvernement rival de Taïwan.

Aux termes de l'accord annoncé en septembre, le pape François a accepté de reconnaître la nomination de sept évêques désignés par le gouvernement chinois sans son accord.

La question des évêques reconnus par Rome mais pas par Pékin n'a pas été réglée.

Selon des fidèles, la répression engagée contre l'Eglise clandestine n'a pas diminué depuis le rapprochement Chine-Vatican, alors que le régime du président Xi Jinping semble accroître sa surveillance de l'ensemble des cultes.

Depuis plusieurs mois, des églises ont été détruites, des croix enlevées des clochers et des crèches religieuses fermées.

Aux termes d'un accord annoncé en septembre, le pape François a accepté de reconnaître la nomination de sept évêques désignés par le gouvernement chinois sans son accord


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