Conflit en Syrie: 15 enfants déplacés sont morts en raison du froid hivernal

Conflit en Syrie: 15 enfants déplacés sont morts en raison du froid hivernal

Publié le :

Mardi 15 Janvier 2019 - 10:16

Mise à jour :

Mardi 15 Janvier 2019 - 17:32
© Delil souleiman / AFP/Archives
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Par AFP - Beyrouth

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Au moins 15 enfants, dont l'immense majorité étaient âgés de moins d'un an, ont péri en Syrie ces dernières semaines en raison du froid hivernal et du manque de soins, a annoncé mardi l'ONU.

"Avec les températures glaciales et le manque de soins", au moins huit enfants sont morts à Rokbane, un camp de déplacés dans le sud syrien, et sept ont péri alors que leurs familles fuyaient un bastion jihadiste dans l'est, a indiqué l'Unicef dans un communiqué.

"Treize d'entre eux avaient moins d'un an", selon le communiqué.

"Des vies de bébés continuent d'être coupées net par des problèmes de santé qui peuvent être prévenus ou traités. Il n'y a pas d'excuses à cela au XXIe siècle", clame Geert Cappelaere, le directeur régional de l'Unicef pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 a fait plus de 360.000 morts et jeté sur la route des millions de personnes, déplacées à l'intérieur du pays ou réfugiées à l'étranger.

Dans la province orientale de Deir Ezzor, des milliers de civils ont fui un ultime réduit tenu par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), cible d'une offensive militaire.

"Les familles en quête de sécurité attendent des jours dans le froid, sans abri ni produits de première nécessité", déplore l'Unicef.

Dans le camp de déplacés de Rokbane, où vivent selon l'ONU plus de 40.000 civils qui reçoivent des aides humanitaires au compte-goutte, au moins huit enfants, la plupart âgés de moins de quatre mois, ont péri en un mois seulement, ajoute l'organisation.

"Sans des soins de santé accessibles, une protection et des abris, davantage d'enfants vont mourir jour après jour à Rokbane, à Deir Ezzor et ailleurs en Syrie. L'Histoire nous jugera pour ces morts qui sont absolument évitables", avertit M. Cappelaere.

Mardi, le chef de la diplomatie jordanienne Ayman al-Safadi et son homologue russe Sergueï Lavrov, dont le pays est allié au pouvoir syrien, ont évoqué la situation dans le camp de Rokbane, situé à la frontière avec la Jordanie. Ils ont souligné "la nécessité d'assurer le retour des déplacés de Rokbane vers leurs villes et villages".

Les déplacés de Rokbane sont arrivés notamment de Homs et de Palmyre (centre), des régions aujourd'hui contrôlées par le régime de Bachar al-Assad. Or, des déplacés refusent de retourner dans leurs localités craignant les exactions du régime.

"Nous n'accepterons aucune réconciliation avec le régime d'Assad", selon un communiqué publié lundi sur Facebook par un comité local du camp.

La dernière livraison d'aides humanitaires au camp remonte à novembre.

"Les conditions des déplacés, en majorité des femmes et des enfants, sont de plus en plus désespérées", ont mis en garde mardi dans un communiqué commun les agences de l'ONU à Damas.

Un enfant syrien dans le camp de déplacés d'Abou Al-Khashab, dans la province de Deir Ezzor, le 10 janvier 2019

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