Grèce: explosion d'une bombe visant le siège d'un groupe media, dégâts matériels

Grèce: explosion d'une bombe visant le siège d'un groupe media, dégâts matériels

Publié le :

Lundi 17 Décembre 2018 - 08:24

Mise à jour :

Lundi 17 Décembre 2018 - 11:20
© ANGELOS TZORTZINIS / AFP
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Par AFP - Athènes

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Une bombe artisanale a explosé tôt lundi matin devant le bâtiment où siège le groupe de radiotélévision privée Skaï dans la banlieue balnéaire d'Athènes, sans faire de victime, provoquant des dégâts sur la façade de l'immeuble, a indiqué la police.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a dénoncé un "attentat contre la démocratie". La police antiterroriste a ouvert une enquête, privilégiant la piste des groupes extrémistes grecs.

La bombe de "grande puissance" composée d'un engin artisanal a explosé vers 2H30 locales (00H30 GMT), 45 minutes après un appel téléphonique anonyme à une autre chaîne de télévision et à un site d'information pour prévenir de l'imminence de l'explosion, a-t-on appris auprès d'une source policière.

Après cet appel, la police a aussitôt bouclé les rues avoisinantes et évacué l'immeuble où siège la radiotélévision Skaï, l'une des plus importantes du pays, appartenant à la famille d'armateurs Alafouzos.

Selon la police, la bombe a été placée près de la clôture entourant l'immeuble et fait voler en éclats les vitres de la façade du bâtiment, provoquant "d'importants dégâts", selon un communiqué de Skaï, dont le siège est situé dans la banlieue de Néo Phaliro.

Les attentats visant des radiotélévisions, banques, établissements publics ou représentations diplomatiques sont récurrents en Grèce depuis des années, imputés à des groupes anarchistes ou d'extrême-gauche.

"L'attentat à la bombe contre la chaîne de télévision Skaï est un attentat des puissances lâches et obscures contre la démocratie; elles ne vont pas toutefois réussir leur objectif, de terroriser ou de désorienter", a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras, cité dans un communiqué de ses services.

Le chef du gouvernement de coalition, formé de son parti de gauche radicale Syriza et du petit parti souverainiste de droite Anel, a exprimé "son soutien sincère aux journalistes et à tous ceux qui travaillent à la chaîne".

- une station "cible" -

"La démocratie n'est pas menacée", a indiqué pour sa part la ministre de la Protection du citoyen Olga Gerovassili, qui est allée sur les lieux de l'explosion accompagnée de la direction de la police.

Elle a mis en garde tous ceux qui "laissent la voie libre au terrorisme ou au fascisme".

Kyriakos Mitsotakis, le chef du parti de droite Nouvelle-Démocratie, principal parti de l'opposition, s'est également rendu sur place pour exprimer "son soutien aux employés".

"La démocratie et la pluralité ne peuvent être muselées", a-t-il déclaré.

L'immeuble de plusieurs étages de Skaï abrite également le quotidien Kathimérini, journal de centre-droit de référence et critique du gouvernement de gauche, comme la radiotélévision.

"L'attentat terroriste ne va pas nous décourager (...) nous allons continuer à faire notre travail en surveillant le pouvoir avec indépendance", a indiqué le communiqué de Skaï, accusant le gouvernement de ne pas protéger suffisamment les médias malgré "les menaces récurrentes contre la station".

"Certains cadres gouvernementaux et des mécanismes de propagande ont transformé la station en une cible", poursuit ce communiqué.

Le 13 novembre une tentative d'attentat à l'engin incendiaire avait eu lieu devant le domicile d'un vice-procureur de la cour de cassation à Athènes. Le dispositif avait été découvert par la police et désamorcé à la suite deux appels téléphoniques anonymes d'avertissement à deux médias.



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