40e anniversaire de la Révolution: l'Iran promet l'échec de ses ennemis

40e anniversaire de la Révolution: l'Iran promet l'échec de ses ennemis

Publié le :

Lundi 11 Février 2019 - 11:06

Mise à jour :

Lundi 11 Février 2019 - 22:54
© ATTA KENARE / AFP
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Par Amir HAVASI - Téhéran (AFP)

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L'Iran a promis lundi l'échec des plans "démoniaques de ses ennemis", principalement les Etats-Unis et Israël, à l'occasion du 40e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique, massivement célébré à travers le pays.

Malgré une pluie battante, perçue comme une bénédiction dans un pays aride, une foule innombrable a convergé vers la place Azadi ("Liberté") à Téhéran, selon des journalistes de l'AFP sur place.

"La présence du peuple aujourd'hui dans les rues de toute la République islamique d'Iran (...) signifie que l'ennemi n'atteindra jamais ses objectifs démoniaques", a déclaré le président Hassan Rohani, en dénonçant un "complot" des Etats-Unis, des "sionistes" et des Etats "réactionnaires" du Moyen-Orient contre son pays.

Le président américain Donald Trump a réagi en stigmatisant sur Twitter "40 années de corruption. 40 années de répression. 40 années de terreur" en Iran.

"Le régime iranien n'a offert que 40 années d'échec. Les Iraniens, qui souffrent depuis trop longtemps, méritent un avenir bien plus prometteur", a-t-il ajouté dans un tweet en anglais immédiatement suivi du même en farsi.

- "Nous piétinerons les Etats-Unis" -

Dès le matin, dans les rues de la capitale pavoisées aux couleurs nationales (vert, blanc, rouge), les Iraniens ont commencé à se diriger vers la tour Azadi, monument emblématique inauguré en 1971 par le dernier chah à l'occasion des fêtes marquant le 2.500e anniversaire de l'Empire perse.

Jour férié, le 22 bahman du calendrier iranien commémore le renversement du régime impérial du chah Mohammad Reza Pahlavi, le 11 février 1979, dix jours après le retour d'exil triomphal de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, père fondateur de la République islamique.

Dans la foule se sont côtoyés femmes en tchador, enfants coiffés d'un bonnet et ballon de baudruche à la main, hommes en tenues sombres, bassidjis (miliciens islamiques) en treillis et clercs enturbannés.

Au milieu des parapluies, des milliers de bannières, pancartes ou portraits de Khomeiny et de son successeur, l'ayatollah Ali Khamenei, l'actuel guide suprême, ont été brandis.

"Mort à l'Amérique", "A bas l'Angleterre", "Mort à Israël", "Nous piétinerons les Etats-Unis", "40 ans de défis", "Israël ne vivra pas 25 ans de plus", pouvait-on lire sur certaines. Des drapeaux américains et israéliens ont été brûlés.

Entraînés par des harangues diffusées par haut-parleur, des Iraniens scandaient: "Nous sommes tous tes soldats, Khamenei!"

Faisant référence au conflit de huit ans déclenché en 1980 par l'Irak voisin --avec le soutien des principales puissances de l'époque-- contre la République islamique naissante, M. Rohani a vanté "la résistance" de la nation iranienne.

"Aujourd'hui, le monde entier doit savoir que la République islamique est infiniment plus puissante qu'à l'époque de la guerre", a-t-il dit.

L'Iran est accusé par les Etats-Unis et l'Europe de "déstabiliser" le Moyen-Orient à cause notamment de son soutien militaire et financier au pouvoir en Syrie ainsi qu'au Hezbollah libanais.

Lundi soir, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en garde l'Iran contre toute tentative d'attaque visant à "détruire Tel-Aviv ou Haïfa", deux villes israéliennes. Si l'Iran tentait d'attaquer Israël, "cela serait le dernier anniversaire de la Révolution", a-t-il prévenu dans un communiqué.

Les relations de Téhéran sont aussi tendues avec les Occidentaux, empoisonnées notamment par la question des missiles iraniens.

"Nous n'avons pas demandé et ne demanderons jamais à qui que ce soit la permission d'augmenter nos capacités de défense et de construire toutes sortes de missiles", a lancé M. Rohani.

Diffusant des images de foules à Téhéran et dans de nombreuses autres villes, la télévision d'Etat a mis en garde contre la désinformation de "certains médias étrangers hostiles" soupçonnés de vouloir ternir l'anniversaire en minimisant les chiffres de l'affluence populaire.

Selon son site internet, M. Khamenei doit publier dans la journée un communiqué détaillant la "deuxième étape (...) du grand processus d'universalisation" de la Révolution islamique.

- "A la pointe" -

Pour l'Iran, ce 40e anniversaire survient dans une période de difficultés économiques et de fortes tensions renouvelées avec les Etats-Unis.

Les retombées commerciales et financières espérées de l'accord sur le nucléaire signé en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances ne se sont guère concrétisées, et le pays souffre du rétablissement des sanctions américaines consécutif au retrait unilatéral des Etats-Unis de ce pacte en 2018.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'économie iranienne est entrée en récession en 2018 et le PIB du pays devrait chuter de 3,6% en 2019.

Depuis son élection, Donald Trump a adopté une politique ouvertement hostile à l'Iran et certains responsables à Washington n'hésitent pas à appeler de leur vœux un "changement de régime".

"Nous sommes ici pour soutenir la République islamique", déclare à Téhéran un retraité du service public. "Il y a des problèmes aujourd'hui, nous sommes comme un cycliste à qui l'on mettrait des bâtons dans les roues".

"A part ça, pour le 40e anniversaire de la Révolution, nous sommes à la pointe dans tous les domaines scientifiques, comme les nanotechnologies ou les missiles de précision", jure-t-il.

Un Iranien brandit une affiche avec le portrait du guide suprême Ali Khamenei (centre) et de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, père fondateur de la République islamique (en haut à ga


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