Le nouveau chef du Pentagone à Bagdad rassure après les propos de Trump

Le nouveau chef du Pentagone à Bagdad rassure après les propos de Trump

Publié le :

Mardi 12 Février 2019 - 09:26

Mise à jour :

Mercredi 13 Février 2019 - 02:30
© Jim WATSON / AFP/Archives
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Par Sylvie LANTEAUME - Bagdad (AFP)

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Le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a tenté mardi de rassurer les dirigeants à Bagdad sur l'avenir des militaires américains dans leur pays, après le retrait de Syrie et l'annonce par Donald Trump qu'il voulait "surveiller l'Iran" depuis l'Irak.

Alors que Bagdad a déclaré la victoire sur les jihadistes il y a un an et que l'assaut "final" est en cours en Syrie, les appels au départ des Américains d'Irak se font de plus en plus pressants.

De nombreuses voix, surtout venues du camp pro-Iran, l'autre grande puissance agissante en Irak avec les Etats-Unis, réclament le départ définitif des soldats américains.

Et depuis que M. Trump a déclenché la colère à Bagdad en affirmant qu'il se servirait de l'Irak pour "surveiller l'Iran", diplomates, militaires et désormais responsables gouvernementaux tentent d'éteindre l'incendie.

- "Bonne atmosphère" -

Arrivé dans la matinée d'Afghanistan, le ministre de la Défense par intérim, dont c'est la première tournée à l'étranger depuis sa prise de fonctions début janvier, est venu rassurer le gouvernement irakien avant de décoller le soir-même pour la Belgique.

Il a rencontré le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, une rencontre marquée par "une très bonne atmosphère", a-t-il indiqué à la presse, à son arrivée à Bruxelles.

"J'ai clairement fait savoir que nous respections leur souveraineté, l'importance qu'ils accordent à leur indépendance et que nous sommes là-bas à l'invitation du gouvernement", a-t-il ajouté.

Evoquant la réunion ministérielle de l'Otan prévue mercredi à Bruxelles, M. Shanahan a indiqué qu'il entendait briefer ses "homologues ici à l'Otan de (sa) perception sur l'Afghanistan, la Syrie et l'Irak et sur les opportunités qui se présentent pour la coalition".

Il a ajouté que les discussions porteront sur comment "profiter des opportunités là-bas (...) en termes de potentiel dans le nord-est de la Syrie, pour mettre en place une force d'observation" en mesure d'assurer la stabilité à long terme.

Interrogé sur la possibilité que des militaires américains partis de Syrie puissent être redéployés en Irak pour poursuivre depuis ce pays les opérations contre l'Etat islamique (EI), M. Shanahan a assuré que "la question n'avait tout simplement pas été discutée".

Quant à l'Iran, le sujet a été évoqué "indirectement", a-t-il indiqué. M. Mahdi "m'a dit: nous devons maintenir de bonnes relations avec tous nos voisins, nous devons aussi maintenir des relations fortes avec les Etats-Unis".

Un haut responsable du Pentagone ayant requis l'anonymat a insisté sur le fait que "l'activité militaire principale" des Etats-Unis en Irak était "la mission contre l'EI".

L'Irak, a-t-il poursuivi, "doit savoir que nous y sommes engagés et que la poursuite de notre présence aux côtés des forces de sécurité est cruciale pour qu'elles continuent à maintenir la sécurité".

Mais l'annonce de M. Trump a fait tiquer jusque dans les rangs des alliés traditionnels de Washington, grand ennemi de Téhéran, et, ironiquement, relancé une campagne anti-Américains qui peinait jusqu'alors à percer réellement.

Une proposition de loi a été déposée au Parlement afin d'imposer un calendrier de départ aux Américains.

Fait rare, elle pourrait faire l'unanimité parmi les deux principales forces de l'assemblée: la liste emmenée par le leader chiite Moqtada Sadr qui se veut le champion de l'indépendance de l'Irak, et le bloc pro-Iran des anciens combattants anti-EI.

Lundi, lors d'une conférence de presse commune, ils ont réclamé "un nouvel accord" pour encadrer la présence des troupes étrangères en Irak, en premier lieu des troupes américaines.

Les Etats-Unis ont envahi l'Irak en 2003 et renversé Saddam Hussein. Au plus fort de l'insurrection qui a suivi, Washington a compté jusqu'à 170.000 soldats dans le pays.

Parties définitivement en 2011, les troupes américaines sont revenues en 2014 en Irak, cette fois-ci au sein de la coalition contre le groupe EI.

- "Force d'observateurs" -

Après une montée en puissance fulgurante en 2014, et la proclamation d'un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, l'EI a vu son territoire se réduire comme peau de chagrin face à de multiples offensives dans ces deux pays.

Aujourd'hui, il en contrôle moins de 1% et "l'annonce formelle que nous avons repris 100% du califat" pourrait intervenir dans la semaine, selon M. Trump.

M. Shanahan a également rencontré les responsables militaires américains dans la région, notamment le général Paul LaCamera, commandant des forces de la coalition anti-EI, pour discuter des modalités du retrait américain de Syrie.

Refusant de mentionner le moindre calendrier, il a indiqué simplement indiqué "nous sommes dans les temps pour respecter nos engagements".

Interrogé sur le sort des Kurdes de Syrie qui mènent actuellement l'offensive contre l'EI, avec l'appui des Etats-Unis, il a mentionné une potentielle "force d'observateurs", qui serait mise sur pieds par les alliés de la coalition dans le nord de la Syrie.

Les ministres de la Défense de la coalition anti-EI se réuniront vendredi à Munich, en Allemagne, pour déterminer l'avenir de leur alliance.

Les Etats-Unis négocient également avec leurs alliés le rapatriement de leurs ressortissants ayant rejoint le territoire de l'EI.

"Nous pensons que les membres de la coalition doivent prendre leur responsabilité quant à leurs citoyens qui sont des combattants", a indiqué le haut responsable américain, sous le couvert de l'anonymat.

Le patron du Pentagone, Patrick Shanahan (D) durant une réunion avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, le 28 janvier 2019 à Washington DC

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