Migrants: solution "européenne" en vue pour le Lifeline

Migrants: solution "européenne" en vue pour le Lifeline

Publié le :

Mardi 26 Juin 2018 - 10:55

Mise à jour :

Mardi 26 Juin 2018 - 12:18
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Par Matthew XUEREB, avec Olivier BAUBE à Rome - La Valette (AFP)

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Les 233 migrants à bord du navire humanitaire Lifeline pourraient enfin toucher terre, grâce à une "solution européenne", une semaine après avoir été secourus au large de la Libye, après le débarquement dans la nuit de lundi à mardi de 108 autres en Sicile.

"À l'heure où je vous parle, une solution européenne semble se dessiner: (ce) serait un débarquement un Malte", a affirmé mardi le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux sur la radio RTL.

Un porte-parole du gouvernement maltais, interrogé par l'AFP, a toutefois précisé qu'aucune décision n'avait encore été prise, mais il a reconnu des "discussions en cours" qui ont débuté ce weekend. "Il y a des discussions en cours entre Etats membres sur le partage des migrants", a ajouté ce porte-parole.

Le Premier ministre maltais a de son côté indiqué mardi sur Twitter que les forces armées maltaises avaient évacué une personne pendant la nuit depuis le Lifeline après une demande en ce sens. "En dépit du comportement irresponsable du capitaine du navire, Malte reste déterminée à offrir une assistance humanitaire en ligne avec les obligations internationales", a twitté Joseph Muscat.

Cette petite île méditerranéenne qui compte à peine plus de 400.000 habitants s'est toutefois refusée à ouvrir ses ports au navire humanitaire Aquarius, pourtant sans migrant à son bord, selon l'ONG SOS Méditerranée.

L'Aquarius a donc mis le cap sur Marseille pour une escale technique qu'il doit faire dans les prochains jours, après le refus de Malte et l'impossibilité, selon l'ONG, de se rendre en Italie.

Le Lifeline, un navire humanitaire affrété par l'ONG allemande du même nom pour venir en aide aux migrants au large de la Libye, avait jusqu'à présent été interdit d'entrée dans les ports maltais au motif qu'il était de la responsabilité des autorités italiennes ou libyennes.

L'Italie a de son côté très vite confirmé la ligne de fermeté qu'elle affiche depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement populiste le 1er juin, formé de la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème). Les ONG "complices, consciemment ou inconsciemment des trafiquants" sont interdites d'entrée dans les ports italiens, a encore confirmé lundi M. Salvini, également ministre de l'Intérieur.

Cette fermeté semble payer dans l'opinion publique en Italie. Selon un sondage réalisé les 18 et 19 juin par l'Institut Piepoli pour la chaîne de télévision publique RAI 62% des Italiens approuvent "beaucoup ou assez" la politique du nouveau gouvernement italien dans la gestion des flux migratoires. D'une manière générale, 53% des personnes interrogées se disent favorables à l'idée de fermer les ports italiens aux navires transportant des migrants, selon la même source.

- Chaleur et manque d'hygiène -

En attendant, les migrants du Lifeline continuaient mardi à supporter la chaleur et des conditions sanitaires qui n'ont cessé de se dégrader depuis une semaine qu'ils sont à bord de ce navire d'une trentaine de mètres de long, en attente à environ 30 milles nautiques au large de Malte.

"Les conditions hygiéniques à bord sont au-delà de toute limite avec des dizaines de personnes touchées par le mal de mer", écrit mardi le quotidien La Repubblica.

"A bord il n'y a pas de toilette chimique, trois petits WC en mauvais état que tout le monde utilise. Le commandant du navire a ouvert ses toilettes mais seulement pour les 44 femmes et les enfants et il faut faire une longue queue", poursuit le quotidien.

En revanche, quelque 108 migrants ont pu enfin toucher terre dans la nuit de lundi à mardi à Pozzallo, en Sicile, après plus de trois jours passés à attendre sur le pont d'un porte-conteneurs danois, l'Alexander Maersk, venu les secourir vendredi au large de la Libye.

Un représentant de la compagnie, Palle Laursen, a salué le "travail héroïque de l'équipage", ajoutant que Maersk se sentait "très fière" de son action.

La question migratoire devait par ailleurs figurer au menu des discussions mardi au Vatican entre le pape François - qui multiplie les appels à la "solidarité" - et le président français Emmanuel Macron - à couteaux tirés sur ce dossier avec le nouveau gouvernement italien.

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