Nouvel accord entre pouvoirs rivaux pour des élections en Libye, selon l'ONU

Nouvel accord entre pouvoirs rivaux pour des élections en Libye, selon l'ONU

Publié le :

Jeudi 28 Février 2019 - 17:02

Mise à jour :

Jeudi 28 Février 2019 - 17:04
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Par Rim TAHER - Tripoli (AFP)

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Un nouvel accord a été conclu entre pouvoirs rivaux sur l'organisation d'élections en Libye, après la non application de plusieurs ententes visant à sortir ce pays du chaos, a indiqué jeudi l'ONU.

Le dernier face-à-face entre le chef du gouvernement d'union, Fayez al-Sarraj, et son rival, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est libyen, remonte à mai 2018 à Paris où, déjà, ils s'étaient engagés à organiser des élections le 10 décembre sans que cela ne soit suivi dans les faits.

Le nouvel accord a été conclu mercredi à Abou Dhabi, sous l'égide de l'ONU, lors d'une rencontre entre les deux hommes qui n'avait fait l'objet d'aucune annonce, a indiqué dans un tweet la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul).

"Les deux parties se sont entendues sur la nécessité de mettre fin à la période de transition à travers des élections générales mais aussi sur les moyens de préserver la stabilité de la Libye et d’unifier ses institutions", a écrit la Manul.

Elle n'a cependant donné aucun calendrier.

- "Consensus" -

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi lors d'une révolte en 2011, la Libye est déchirée par des luttes d'influence que se livrent dans l'impunité la plus totale les nombreuses milices mais aussi les dizaines de tribus, composantes essentielles de la société libyenne.

Au plan politique, deux autorités se disputent le pouvoir dans ce riche pays pétrolier: le GNA, établi fin 2015 par un accord parrainé par l'ONU et qui est basé à Tripoli, et une autorité rivale installée dans l'est, contrôlé par l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Haftar.

Un accord interlibyen sur une constitution et la tenue d'élections est nécessaire pour parvenir à une stabilité des institutions et un retour de la sécurité mais aussi pour remettre sur pieds l'économie chancelante du pays.

Le 18 janvier, l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, avait espéré pouvoir convoquer "dans les semaines à venir" une Conférence nationale en Libye visant à mettre un terme à la transition et tracer le chemin vers des élections présidentielle et législatives.

Ce processus inclura la possibilité d'un référendum sur un projet de Constitution, avait-il dit. Une fois établi entre les principaux acteurs "un nouveau consensus sur un calendrier national pour reconstruire un Etat civil libyen uni, nous serons en mesure de fixer une date et un lieu", avait-il ajouté.

"Nous avons tant travaillé pour cet accord", a réagi jeudi le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. "Mais la situation en Libye est telle qu'il faut attendre que tous les acteurs aient donné leur accord. Nous suivons ce dossier avec attention, c'est notre dossier principal en matière de politique étrangère".

- Haftar étend son influence -

Ancienne puissance coloniale et partenaire historique de la Libye, l'Italie avait organisé une conférence internationale à Palerme pour tenter notamment un nouveau rapprochement entre MM. Sarraj et Haftar. Mais ce dernier, bien que présent à Palerme, avait boycotté les réunions.

En raison du chaos, la Libye est désormais le terrain de jeu de passeurs sans scrupules, qui organisent pour des sommes colossales le départ vers l'Europe de milliers de migrants, en grande majorité africains, sur des embarcations de fortune, contribuant à faire de la Méditerranée un vaste cimetière. L'Italie, située à 300 km des côtes libyennes, est devenue la destination principale de ces migrants.

L'annonce de l'accord d'Abou Dhabi est intervenue alors que le maréchal Haftar s'est lancé en janvier à la conquête du sud du pays, une vaste région désertique marginalisée de longue date et devenue un repaire pour les jihadistes et les trafiquants en tout genre.

En obtenant le ralliement de tribus locales, il s'est emparé sans combats de la ville de Sebha, chef-lieu de cette région, ainsi que d'al-Charara, un des plus importants champs pétroliers du pays, entraînant la suspension de sa production.

L'opération vise officiellement, selon l'ANL, à "purger" cette région "des terroristes et criminels", ainsi que des groupes rebelles tchadiens basés dans le sud.

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