Novitchok : deux espions russes présumés arrêtés aux Pays-Bas

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Par Sara MAGNIETTE avec Agnès PEDRERO à Genève - La Haye (AFP)
Publié le 14 septembre 2018 - 21:15
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Le laboratoire Spiez associé à l'enquête Skripal, le 14 septembre 2018 à Spiez, à 40 km de la capitale suisse
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© Fabrice COFFRINI / AFP
Le laboratoire Spiez associé à l'enquête Skripal, le 14 septembre 2018 à Spiez, à 40 km de la capitale suisse
© Fabrice COFFRINI / AFP

Deux espions russes présumés, soupçonnés d'avoir voulu pirater un laboratoire suisse associé à l'enquête Skripal, ont été arrêtés aux Pays-Bas et renvoyés en Russie au printemps, ont rapporté vendredi les médias et des sources officielles.

Les deux hommes ont été interceptés à La Haye "plus tôt dans l'année" par le service de renseignement militaire des Pays-Bas (MIVD), selon le quotidien de référence néerlandais NRC, qui a mené une enquête en collaboration avec le journal suisse Tages-Anzeiger.

D'après NRC, ces deux agents des services russes disposaient d'équipements afin de pénétrer dans le réseau informatique du laboratoire de Spiez, l'institut suisse pour la protection contre les menaces et les risques atomiques, biologiques et chimiques.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a balayé d'un revers de la main ces accusations au cours d'une conférence de presse à Berlin, disant qu'il "ne peut croire qu’un tel évènement (...) ait pu échapper à l’attention des médias" au moment des faits.

Situé dans le canton de Berne, le laboratoire de Spiez a notamment été chargé par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) d'analyser des échantillons prélevés à Salisbury, dans le sud de l'Angleterre, où l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille ont été empoisonnés par l'agent innervant Novitchok en mars.

Au moment où les deux hommes ont été arrêtés, le laboratoire aidait aussi l'OIAC dans son enquête sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, a souligné NRC.

Selon le journal, ce sont des agents du renseignement militaire russe (GRU). Il ne s'agit cependant pas des deux Russes soupçonnés d'être à l'origine de l'attaque chimique de Salisbury, accusés par Londres d'appartenir eux aussi au GRU, a précisé NRC.

Le 26 mars, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte avait décidé d'expulser "deux agents du renseignement russe travaillant à l'ambassade de Russie", en réponse à l'attaque de Salisbury. NRC ignore s'il s'agit des hommes qui cherchaient à pirater le laboratoire de Spiez.

Contacté par l'AFP, le ministère néerlandais de la Défense n'a pas souhaité réagir.

- Cible de piratages -

"Le cas des espions russes découverts à La Haye puis expulsés de La Haye est connu des autorités suisses", a déclaré à l'AFP Isabelle Graber, la porte-parole du Service de renseignement suisse (SRC).

Le SRC, en collaboration avec les services néerlandais et britanniques, a "contribué à la prévention d'actions illégales contre une infrastructure critique suisse", a expliqué la porte-parole, ajoutant ne pas être en mesure de communiquer plus d'informations sur l'affaire.

Les deux hommes, identifiés par les autorités suisses, faisaient l'objet d'une enquête du ministère public, ouverte en mars 2017 "dans un autre contexte".

Le laboratoire de Spiez a confirmé avoir été la cible de pirates informatiques cette année mais n'a pas donné de détails sur l'arrestation des deux Russes aux Pays-Bas.

"Ces derniers mois, nous avons reçu des indications selon lesquelles nous étions la cible de tentatives de piratage. Nous avons pris des précautions et n'avons pas été compromis", a déclaré Andreas Bucher, le porte-parole du laboratoire.

En juin, "des pirates informatiques ont utilisé à mauvais escient un document de notre site web afin de distribuer un virus malveillant" à d'autres agences affiliées dans le monde, a-t-il ajouté.

Le service russe de renseignement extérieur (SVR) a refusé de commenter ces informations, a écrit l'agence de presse Ria Novosti.

burx-smt/cvo/bds

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