Washington dénonce le discours de Poutine sur ses armes "invincibles"

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Par Victoria LOGUINOVA-YAKOVLEVA, Maxime POPOV - Moscou (AFP)
Publié le 01 mars 2018 - 14:25
Mis à jour le 02 mars 2018 - 00:32
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Le président russe Vladimir Poutine lors de son adresse annuelle au Parlement, à Moscou le 1er mars 2018
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© Yuri KADOBNOV / AFP
Le président russe Vladimir Poutine lors de son adresse annuelle au Parlement, à Moscou le 1er mars 2018
© Yuri KADOBNOV / AFP

Washington a accusé jeudi la Russie de se soustraire à ses obligations internationales après un discours très ferme de Vladimir Poutine qui a vanté les nouvelles armes "invincibles", hypersoniques ou sous-marines, développées par son pays.

L'adresse annuelle du président russe devant le Parlement devait poser les bases, surtout économiques et sociales, de ses priorités à deux semaines d'une présidentielle qu'il est sûr de remporter faute d'opposition réelle et qui doit l'emmener aux commandes du pays jusqu'en 2024.

Mais M. Poutine a énuméré pendant près d'une heure les dernières armes de haute technologie de la Russie avec images de synthèse, infographies et vidéos à l'appui. Il a ainsi présenté des nouveaux types de missiles de croisière avec une "portée illimitée" ou hypersoniques, des mini-submersibles à propulsion nucléaire ou encore une arme laser "dont il est trop tôt pour évoquer les détails".

"Personne ne voulait nous parler, personne ne voulait nous écouter. Écoutez-nous maintenant!", a-t-il lancé, provoquant une ovation debout des parlementaires réunis dans un bâtiment historique proche du Kremlin.

Ces nouvelles armes, a-t-il expliqué, répondent à l'activité militaire des Etats-Unis, qui veulent déployer leurs boucliers antimissiles en Europe de l'Est et Corée du Sud et viennent d'adopter une nouvelle doctrine militaire visant à doter les Etats-Unis de nouvelles armes nucléaires de faible puissance.

Si Vladimir Poutine a assuré ne "menacer personne" et ne pas prévoir d'"utiliser ce potentiel de façon offensive", la diplomatie américaine a jugé que le président russe n'avait pas eu "une attitude digne d'un acteur mondial majeur".

"Le président Poutine a confirmé ce que le gouvernement américain savait depuis longtemps", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Hearther Nauert.

"La Russie développe des systèmes d'armes déstabilisateurs depuis plus de 10 ans, en violation directe des obligations découlant des traités" qu'elle a signés, a-t-elle ajouté, citant le traité INF sur les armes nucléaires à portée intermédiaire, paraphé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en 1987.

Selon le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, les armes russes sont désormais capables de "surpasser tous les systèmes antimissiles existants". "Ce +parapluie+ de défense antimissile se révèle ainsi +troué+", a-t-il affirmé dans un communiqué.

- Pauvreté 'inacceptable' -

Mais au-delà de la condamnation diplomatique, les militaires américains ont affecté l'indifférence à l'égard de ces assertions du président russe.

"Ces armes sont en développement depuis très longtemps", a déclaré à la presse la porte-parole du Pentagone, Dana White. "Nous ne sommes pas surpris par cette déclaration et les Américains peuvent être sûrs que nous sommes pleinement préparés".

D'ailleurs, la nouvelle stratégie nucléaire des Etats-Unis, publiée début février, "tenait compte" de ces armes russes, a-t-elle ajouté.

Le discours aux accents militaires de Vladimir Poutine "est avant tout destiné à un public intérieur" deux semaines avant la présidentielle, estime le politologue russe Alexeï Makarkine.

Un avis partagé par l'expert américain Hans Kristensen, de la Federation of American Scientists. Les "fanfaronnades" de M. Poutine "révèlent une personne obsédée par le système de défense anti-missile des Etats-Unis (...) et consciente de l'approche de l'élection présidentielle", a-t-il tweeté.

Vladimir Poutine, aux commandes de la Russie depuis plus de 18 ans, est candidat pour un quatrième mandat de six ans à l'élection présidentielle du 18 mars, qu'il devrait remporter largement en l'absence remarquée de son principal opposant Alexeï Navalny.

Malgré les promesses de campagne lors de son retour au Kremlin en 2012 après quatre ans au poste de Premier ministre, son dernier mandat a été marqué par une chute du niveau de vie et une progression de la pauvreté, conséquence de la flambée des prix causée entre 2014 et 2016 par la chute des cours du pétrole et les sanctions occidentales.

M. Poutine a ainsi également promis d'améliorer le niveau de vie des Russes et diviser par deux le niveau de pauvreté "inacceptable" lors des six prochaines années.

Le président a notamment insisté sur la nécessité d'améliorer "le bien être" de la population et d'investir dans les infrastructures et la santé pour éviter à la Russie de prendre du "retard", ce qui constitue selon lui son "principal ennemi".

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