Russie : quels scénarios pour Poutine en 2024 ?

Auteur:
 
Par Anaïs LLOBET - Moscou (AFP)
Publié le 19 mars 2018 - 00:10
Image
Une foule écoute le discours du président Vladimir Poutine réélu pour un 4e mandat à la têet de la Russie, le 18 mars 2018 à Moscou
Crédits
© Mladen ANTONOV / AFP
Une foule écoute le discours du président Vladimir Poutine réélu pour un 4e mandat à la têet de la Russie, le 18 mars 2018 à Moscou
© Mladen ANTONOV / AFP

En 2024, au terme de son quatrième mandat, Vladimir Poutine aura dirigé la Russie pendant un quart de siècle et sera septuagénaire. Prendra-t-il sa retraite? Cherchera-t-il à rester au pouvoir?

Dans un pays qui n'a jamais connu d'alternance politique normale, la question de la fin de sa carrière et de la désignation d'un éventuel successeur ne s'est jamais autant posée qu'au début de ce quatrième mandat. Voici quelques scénarios possibles pour 2024.

- Départ -

Sauf réforme constitutionnelle, Vladimir Poutine ne pourra pas être à nouveau candidat en 2024: la Constitution russe interdit de briguer plus de deux mandats consécutifs.

En 2024, il fêtera ses 72 ans et pourrait alors décider de quitter le Kremlin après 24 ans au pouvoir.

Dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine NBC, Vladimir Poutine a dit avoir songé à un potentiel successeur dès 2000: "Cela ne fait pas de mal d'y penser mais en fin de compte, c'est le peuple russe qui décidera", a-t-il déclaré.

Mais pour l'instant, le président russe s'est bien gardé de donner la moindre indication sur la personne à qui il pense éventuellement pour prendre sa succession.

En 2008, Vladimir Poutine qui ne pouvait se représenter après deux mandats consécutifs, avait laissé sa place à son actuel Premier ministre Dmitri Medvedev, avant de revenir au Kremlin en 2012, ce qui ne fait pas pour autant de ce dernier un dauphin en puissance.

La vie politique russe est marquée par une lutte feutrée entre deux clans rivaux, les "siloviki", issus de l'armée et des services de sécurité, et les représentants d'une mouvance plus libérale liée aux milieux d'affaires.

"La lutte est déjà en cours", assure à l'AFP l'analyste indépendant Nikolaï Petrov, ajoutant que "personne ne va attendre passivement, chaque groupe va tenter de promouvoir ses intérêts."

Le président ne partira pas sans avoir désigné de successeur, assure M. Petrov.

- Alternance -

S'il souhaite rester au pouvoir, Vladimir Poutine pourrait être tenté de reproduire le scénario de 2008, lorsqu'il avait propulsé à la présidence Dmitri Medvedev et était devenu Premier ministre pendant quatre ans tout en gardant la main sur les domaines clés du pays.

Il pourrait renoncer à ce scénario en raison de son âge: en 2030, quand un retour au Kremlin se ferait dans le respect de la Constitution, il aura 78 ans.

Dimanche, au cours d'une conférence de presse après l'annonce de sa victoire, interrogé sur un éventuel nouveau mandat en 2030, Vladimir Poutine a semblé écarter une telle hypothèse : "Il me semble que ce que vous dites est un peu ridicule. Faisons les comptes: je vais rester là jusqu'à 100 ans ? Non !"

- Présidence à vie -

Doté d'une forte popularité, omniprésent dans les médias russes, Vladimir Poutine a bâti l'autorité de l'Etat en formant une "verticale du pouvoir" dépendant de lui seul.

Il a cependant démenti vouloir s'accrocher au pouvoir lors d'un entretien avec la NBC, diffusé le 9 mars.

"Je n'ai jamais modifié la Constitution (...) et je n'ai aucune intention de faire ce genre de choses aujourd'hui", a-t-il déclaré.

Vladimir Poutine a ainsi laissé entendre qu'il n'envisageait pas de régner indéfiniment et de suivre l'exemple du président chinois Xi Jinping, qui a obtenu la suppression de la limitation des mandats présidentiels.

Interrogé par l'AFP, l'analyste Dmitri Orechkine reste sceptique: "Je ne crois pas qu'il refusera le pouvoir en 2024, même s'il en a vraiment assez". "Il ne peut pas partir parce qu'il ne croit pas que qui que ce soit pourra alors le protéger".

L'article vous a plu ? Il a mobilisé notre rédaction qui ne vit que de vos dons.
L'information a un coût, d'autant plus que la concurrence des rédactions subventionnées impose un surcroît de rigueur et de professionnalisme.

Avec votre soutien, France-Soir continuera à proposer ses articles gratuitement  car nous pensons que tout le monde doit avoir accès à une information libre et indépendante pour se forger sa propre opinion.

Vous êtes la condition sine qua non à notre existence, soutenez-nous pour que France-Soir demeure le média français qui fait s’exprimer les plus légitimes.

Si vous le pouvez, soutenez-nous mensuellement, à partir de seulement 1€. Votre impact en faveur d’une presse libre n’en sera que plus fort. Merci.

Je fais un don à France-Soir

Dessin de la semaine

Portrait craché

Image
bayrou
François Bayrou, baladin un jour, renaissant toujours
PORTRAIT CRACHE - François Bayrou, député, maire de Pau et plusieurs fois ministres, est surtout figure d’une opposition opportuniste. Éternel candidat malheureux à la...
20 avril 2024 - 10:45
Politique
Soutenez l'indépendance de FS

Faites un don

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription à la Newsletter hebdomadaire de France-Soir est confirmée.

La newsletter France-Soir

En vous inscrivant, vous autorisez France-Soir à vous contacter par e-mail.