Un an après l'attentat de Berlin, les regrets d'Angela Merkel

Un an après l'attentat de Berlin, les regrets d'Angela Merkel

Publié le :

Mardi 19 Décembre 2017 - 14:08

Mise à jour :

Mardi 19 Décembre 2017 - 14:52
© Tobias SCHWARZ / AFP
PARTAGER :

Par AFP

-A +A

Le président allemand et la chancelière ont reconnu mardi, à l'occasion du premier anniversaire de l'attentat du marché de Noël de Berlin, les défaillances de l'Etat pour prévenir l'attaque et dans sa mission de soutien aux victimes.

Angela Merkel avait été critiquée pour son manque d'empathie ces dernières semaines par une partie des proches des 12 morts et de la centaine de blessés.

Elle les a reçus pour la première fois lundi après la publication début décembre d'une lettre ouverte très offensive. La chancelière, visiblement émue et les traits tirés, a qualifié mardi leur échange de "sans ménagement et (comme ayant) démontré les faiblesses de notre Etat".

"Aujourd'hui doit être non seulement un jour de deuil, mais aussi le jour de (notre) volonté de faire mieux", a-t-elle dit après l'inauguration d'un mémorial aux victimes sur les marches menant à la célèbre église du Souvenir, mitoyenne du marché de Noël dévasté un an plus tôt par le camion-bélier du Tunisien Anis Amir au nom du groupe Etat islamique.

Le monument forme une cicatrice de bronze et d'or serpentant sur 14 mètres vers les escaliers menant à l'église. Sur les marches, les noms des victimes ont été gravés. Mardi, des roses blanches y avaient été déposées.

Avant Mme Merkel, le président Frank-Walter Steinmeier avait le premier reconnu que le soutien aux victimes avait été "insuffisant" et admis des erreurs des services de sécurité avant l'attaque.

"Sachez que vos expériences, vos plaintes et vos mises en garde ont été entendues (...) Le 19 décembre 2016 a imposé un devoir aux responsables politiques: nous devons tirer au clair les négligences et apprendre de nos erreurs", a ajouté ce social-démocrate respecté.

Le ministre de la Justice, Heiko Maas, a lui présenté des excuses dans une tribune parue dans la presse.

- Taxis au frais des victimes -

L'attaque du marché de Noël est l'attentat le plus sanglant jamais commis sur le sol allemand. Pourtant aucun hommage national n'a été organisé.

Un rapport officiel très critique commandé par le gouvernement a aussi dénoncé la faiblesse des indemnisations ainsi que des maladresses administratives choquantes comme l'envoi aux familles d'injonctions de paiement pour les autopsies des défunts.

Dernier exemple du genre, rapporté par le quotidien Bild mardi, la mairie de Berlin a signifié dans l'invitation faite aux proches et aux blessés de venir aux commémorations mardi que "le coût d'un taxi ne sera pas remboursé ! Les transports en commun doivent être utilisés".

De quoi nourrir la rancoeur des intéressés, qui ont appris aussi ces derniers mois de diverses commissions d'enquêtes qu'Amri aurait pu être arrêté avant son passage à l'acte.

"Ils veulent économiser de l'argent, tout ça est très froid. Ils n'ont même pas essayé de nous écouter, de comprendre nos besoins", assène dans Bild Yaron, beau-frère de Dalia Elyakim, une Israélienne tuée par le poids-lourd.

"Je m'attendais à plus de générosité, surtout que maintenant il est établi que les autorités, l'Etat, ont commis des erreurs flagrantes", juge, selon la même source, une blessée dans l'attentat identifiée comme Silvia B.

Longtemps sous surveillance policière, l'auteur de l'attaque était resté en liberté, bien que catalogué comme islamiste dangereux et trafiquant de drogues.

Arrivé en Allemagne en 2015 après une peine de prison en Italie, le jeune homme avait profité du chaos administratif provoqué par l'afflux de centaines de milliers de migrants cette année-là pour déposer moult demandes d'asiles et obtenir autant de titres de séjour provisoires sous diverses identités.

La première partie des commémorations s'est achevée à la mi-journée. Dans la soirée, une prière œcuménique est encore prévue, puis à 20h02 (19h02 GMT), heure précise de l'attentat, une mer de bougies sera allumée au pied l'église du Souvenir dont le clocher partiellement détruit pendant la Seconde guerre mondiale surplombe les lieux de l'attentat.

Dans un récent entretien, le patron du Renseignement intérieur, Hans-Georg Maassen, a souligné que le pays n'était pas à l'abri d'une nouvelle attaque, alors que quelque 1.900 individus y sont soupçonnés de liens avec la mouvance jihadiste.

Le président allemand et la chancelière ont reconnu mardi les défaillances de l'Etat pour prévenir l'attaque et dans sa mission de soutien aux victimes.


Commentaires

-