Un groupe anti-Pyongyang revendique l'attaque contre l'ambassade nord-coréenne à Madrid

Un groupe anti-Pyongyang revendique l'attaque contre l'ambassade nord-coréenne à Madrid

Publié le :

Mercredi 27 Mars 2019 - 10:41

Mise à jour :

Mercredi 27 Mars 2019 - 13:04
© GREG BAKER / AFP/Archives
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Par AFP - Séoul

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Un mystérieux groupe d'opposants au régime nord-coréen a revendiqué mercredi l'attaque contre l'ambassade de Corée du Nord en Espagne en février dernier, affirmant qu'il avait ensuite partagé "des informations d'une énorme valeur avec le FBI".

Ce groupe, dénommé Défense civile Cheollima (DCC), a affirmé être responsable du raid visant l'ambassade de la République populaire et démocratique de Corée (nom officiel de la Corée du Nord) à Madrid dans le but de mettre fin aux activités "illégales" menées par les représentations diplomatiques nord-coréennes à l'étranger.

L'attaque avait eu lieu le 22 février, quelques jours avant un sommet à Hanoï entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Mardi, le tribunal espagnol chargé de cette ténébreuse affaire a révélé que le chef présumé du commando qui avait pris l'ambassade d'assaut -- un certain Adrian Hong Chang, de nationalité mexicaine mais résidant aux Etats-Unis --, avait offert au FBI du matériel audiovisuel dérobé.

Selon le juge d'instruction, deux des assaillants avaient amené le chargé d'affaires de l'ambassade dans une des pièces du sous-sol pour l'inciter à faire défection, se présentant "comme des membres d'une association ou d'un mouvement de défense des droits de l'Homme pour la libération de la Corée du Nord".

Le commando d'une "dizaine de personnes" avait "utilisé la force, avec des armes à feu factices, des machettes, des barres de fer et des couteaux" avant de prendre en otage les occupants, ligotés et la tête recouverte de sacs, a précisé le tribunal. Les membres du commando s'étaient ensuite enfuis à bord de deux véhicules de l'ambassade nord-coréenne, abandonnés plus tard, en emportant des ordinateurs, des documents et des téléphones.

Dans un communiqué posté sur son site web, la DCC a démenti avoir eu recours à la violence, assurant que "personne n'avait été bâillonné, ni battu". "Aucune arme n'a été utilisée. Tous les occupants de l'ambassade ont été traités avec dignité et la prudence nécessaire".

La nébuleuse Défense civile Cheollima -- du nom d'un mythique cheval ailé coréen -- propose son aide aux Nord-Coréens tentant de fuir leur pays et veut renverser le régime. En février, ce groupe s'est autoproclamé gouvernement nord-coréen en exil, baptisé "Joseon libre", du nom de la dynastie qui occupa le trône coréen de 1392 à 1910, année de l'annexion par le Japon.

La DCC est apparue en 2017 lorsqu'elle a publié sur internet une vidéo du neveu de Kim Jong Un expliquant s'être mis en sécurité après l'assassinat de son père Kim Jong Nam, demi-frère exilé du dirigeant nord-coréen, à l'aéroport de Kuala Lumpur en février 2017.

Dans son communiqué, la DCC a expliqué que l'assaut contre l'ambassade n'avait aucun rapport avec le sommet de Hanoï -- qui s'est terminé sur un échec -- et qu'aucun gouvernement étranger n'était impliqué dans le raid lui-même.

Mais "l'organisation a partagé certaines informations d'une valeur potentiellement énorme avec le FBI aux Etats-Unis, sous condition de confidentialité", a précisé son communiqué.

Le quotidien espagnol El Pais, citant des sources policières et au sein du contre-espionnage espagnol (CNI), a récemment affirmé qu'au moins deux membres de ce commando "ont été identifiés et ont des liens avec les services secrets des Etats-Unis", à savoir la CIA.

Toujours d'après El Pais, Madrid a demandé des explications à la CIA mais celle-ci a démenti toute implication. Les autorités espagnoles ont qualifié cette réponse de "peu convaincante", estimant que les services secrets américains avaient agi "probablement en coopération" avec ceux de la Corée du Sud.

Un mystérieux groupe d'opposants au régime nord-coréen a revendiqué mercredi l'attaque contre l'ambassade de Corée du Nord en Espagne en février dernier


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