Vladivostok, fenêtre de la Russie sur l'Extrême-Orient

Vladivostok, fenêtre de la Russie sur l'Extrême-Orient

Publié le :

Mercredi 24 Avril 2019 - 14:07

Mise à jour :

Mercredi 24 Avril 2019 - 14:10
© STR / AFP
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Par AFP - Vladivostok

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La ville portuaire de Vladivostok, où le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président Vladimir Poutine se rencontrent pour la première fois jeudi, joue un rôle stratégique pour la Russie à l'Est.

Située à plus de 6.500 kilomètres de Moscou mais à seulement 200 kilomètres de la frontière avec la Corée du Nord, cette ville de 600.000 habitants est considérée comme la fenêtre de la Russie sur l'Asie et le Pacifique.

- Passé chinois -

Vladivostok, dont le nom signifie en russe "maître de l'Est", est situé sur un territoire qui appartenait à la Chine jusqu'à la moitié du 19e siècle.

Après la défaite des Chinois face aux Britanniques lors de la Seconde guerre de l'opium, Pékin a dû céder la région à l'Empire russe et Vladivostok a été fondé en 1860.

La ville était majoritairement peuplée d'habitants d'origine chinoise ou coréenne jusqu'au 20e siècle, lorsqu'ils furent déportés dans d'autres régions de l'URSS sur ordre de Staline, qui mettait en cause leur loyauté.

Aujourd'hui, la ville accueille un grand nombre de visiteurs chinois, qui n'ont pas besoin de se soumettre au pénible processus d'obtention de visa s'ils rentrent en Russie via Vladivostok.

- Terminus du transsibérien -

Vladivostok est le dernier arrêt sur la gigantesque ligne ferroviaire du transsibérien, qui traverse la Russie d'Ouest en Est en partant de Moscou. Sa gare, construite dans le style art nouveau, date de 1893.

La ville sert aussi de base pour la Flotte russe du Pacifique depuis les années 1870. Elle constitue ainsi un site militaire d'importance et était une ville fermée aux étrangers du temps de l'Union soviétique.

Vladivostok ne s'est ouverte aux touristes qu'à la chute de l'URSS en 1991.

- Rénovation massive -

Célèbre dans les chaotiques années 1990 comme l'une des capitales du crime organisé en Russie, Vladivostok a été transformée par un programme de rénovation de 20 milliards de dollars avant d'accueillir le forum de Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC) en 2012.

Ce programme a permis la construction d'un pont de près de deux kilomètres de long liant la ville à l'île Rousski, jusque là accessible uniquement via ferry. C'est sur cette île que devrait se tenir le sommet Kim-Poutine.

L'île Rousski accueille également l'Université fédérale d'Extrême-Orient, modernisée dans le but d'attirer des étudiants de toute l'Asie.

Le programme de rénovation a également permis la construction d'un nouvel aéroport et d'un autre pont suspendu géant qui traverse la Corne d'Or, la baie de Vladivostok.

- Fraudes et manifestations -

Malgré les investissements énormes dans les infrastructures, les habitants de Vladivostok se plaignent d'un manque de perspectives professionnelles et d'un faible niveau de vie.

Des manifestations ont éclaté l'année dernière après des accusations de fraude lors de l'élection du gouverneur de la région, visant à favoriser le candidat soutenu par le Kremlin.

Initiative rare, les autorités ont annulé le résultat du scrutin et organisé une nouvelle élection remportée... par un autre candidat du Kremlin.

Le parti au pouvoir Russie Unie a réalisé ses scores parmi les plus faibles à Vladivostok et dans sa région lors des récentes élections.

La rock star Ilia Lagoutenko, originaire de Vladivostok, a proposé de créer une "République du Pacifique" dans la région, indépendante du Kremlin.

- Ville culturelle -

Vladivostok accueille une filiale du célèbre théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, construite avant le sommet de l'APEC de 2012.

La ville organise également chaque année depuis 2003 le festival Pacific Meridian, qui rassemble des films russes, asiatiques et internationaux.

Parmi les invités d'honneur ces dernières années, figuraient la star française Catherine Deneuve ou encore l'actrice hollywoodienne Andie MacDowell.

Une vue du port russe de Vladivostok le 23 avril 2019 à l'approche du sommet entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine


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