La Birmanie blâme le Bangladesh pour le retour retardé des Rohingyas

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Par AFP - Rangoun
Publié le 23 janvier 2018 - 12:31
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Des réfugiés Rohingyas marchent dans un camp de réfugiés à Ukhia, au Bangladesh, le 22 novembre 2017
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© Munir UZ ZAMAN / AFP/Archives
Des réfugiés Rohingyas marchent dans un camp de réfugiés à Ukhia, au Bangladesh, le 22 novembre 2017
© Munir UZ ZAMAN / AFP/Archives

La Birmanie a accusé mardi le Bangladesh d'être la cause du retard dans le rapatriement des Rohingyas réfugiés sur son territoire par centaines de milliers après un nettoyage ethnique en 2017 dénoncé par l'ONU.

"Nous sommes désormais totalement prêts à les accueillir, comme le prévoit l'accord" signé récemment avec le Bangladesh, a assuré Kyaw Tin, ministre de la Coopération internationale lors d'une conférence de presse télévisée.

"Nous avons vu aux informations que le Bangladesh n'était pas prêt, mais nous n'avons reçu aucune notification officielle", a-t-il ajouté, alors que depuis des semaines des doutes sont émis quant aux conditions d'accueil des candidats au retour.

Le Bangladesh et la Birmanie avaient convenu de lancer ce processus de retour mardi.

Dans le même temps, la Birmanie a envoyé au Bangladesh une liste de plus de mille rebelles rohingyas présumés, accompagnée de photos, ajoutant aux inquiétudes sur le sort réservé à ceux qui voudraient éventuellement revenir.

Les réfugiés interrogés côté Bangladesh disaient tous leur peur de rentrer en Birmanie.

"Tuez-nous ici parce que nous ne rentrerons pas. Là-bas, ils nous tueront", assure Mohammad Ayas, réfugié rohingya de 12 ans à Cox's Bazar, où se concentrent les camps de réfugiés.

Des organisations de défense des droits humains et l'ONU déclarent que tout rapatriement vers la Birmanie doit être volontaire et que la sécurité doit être assurée, dans un Etat où la haine intercommunautaire est encore très forte.

Les inquiétudes portent notamment sur la situation actuelle en Birmanie, où des centaines de villages rohingyas ont été rasés par des soldats et des manifestants bouddhistes, et certains craignent que de nombreux réfugiés rohingyas ne soient durablement parqués dans des camps.

Plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire, les Rohingyas sont victimes de nombreuses discriminations.

Ils n'ont pas de papiers d'identité et ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et les hôpitaux.

Près de 690.000 Rohingyas ont fui au Bangladesh voisin depuis fin août. Ils ont livré des récits accablants de meurtres et de viols.

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