Le tourisme de "survie", des vacances pour repousser ses limites

Le tourisme de "survie", des vacances pour repousser ses limites

Publié le :

Mardi 25 Septembre 2018 - 09:06

Mise à jour :

Mardi 25 Septembre 2018 - 09:08
© CHRISTOPHE SIMON / AFP/Archives
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Par Katia DOLMADJIAN - Paris (AFP)

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Profitant du succès d'émissions comme Koh Lanta, des voyagistes misent sur le tourisme de "survie" et les expéditions extrêmes, promettant dépassement de soi et autonomie en milieu hostile, le temps d'un week-end ou pour plusieurs semaines.

"Plus que de la survie, c'est de la vie. Car c'est une reconnexion avec la nature, dans l'authenticité, on se pose avec soi-même. Et dans la jungle ou au Groenland, c'est encore un autre niveau de déconnexion, pas simplement des vacances comme au Club Med ou au bord d'une piscine", résume Isabelle Fleschen, qui s'apprête à arpenter en visiteuse les allées du Salon du Tourisme Top Resa, porte de Versailles (25-28 septembre).

Elle a lancé au printemps Terres Infinies, tour-opérateur qui propose des "expéditions survie" dans la jungle thaïe, amazonienne ou guyanaise, ainsi qu'en terre inuit. Des expériences "engagées physiquement et mentalement", pour "novices" comme pour "sportifs", à partir de 2.300 euros pour 13 jours tout compris avec le vol.

Au programme, outre plusieurs heures de marche par jour: distillation de l'eau, feu sans allumettes, construction d'un bivouac, randonnée à la machette ou déplacements en pirogue. Et côté nourriture: "préparation du repas avec ce que vous trouverez"... si vous êtes chanceux avec la pêche au harpon, la pose de pièges ou la cueillette.

"Il y a un travail à faire pour rassurer les gens, car ils ne savent pas s'ils seront capables. Le côté dépassement de soi fait un peu peur, surtout pour les non-sportifs", même en sachant que chaque groupe est accompagné par un médecin en plus des guides, souligne à l'AFP Isabelle Fleschen.

Mais elle reconnaît qu'"à force de regarder Koh Lanta et d'autres émissions du même genre, les gens sont très attirés, ils ont envie et ça leur met le pied à l'étrier".

"Les gens vont de plus en plus vers l'extrême, avec toujours plus de performances, cherchant à faire des choses où ils sont pionniers. On est dans une société qui ne valorise que l'acte. Donc oui il y a un essor des week-ends de survie et une fascination pour les expéditions", renchérit Stanislas Gruau, ancien trader qui a lancé début 2018 Explora Project.

- "Esprit des pionniers" -

Cette agence de voyages propose des "week-ends survie" dans les Alpes - "seul face à la nature, sans tente, ni nourriture, ni sac de couchage" - mais aussi des "expéditions extrêmes sans guide": après plusieurs week-ends de formation, les candidats à l'aventure se lancent, seuls, sur des parcours testés en amont par les experts d'Explora Project, en Islande par exemple.

"Si on veut que ce ne soit pas un jeu, il faut que les règles soient déstabilisantes", souligne Stanislas Gruau.

Pour lui, "la survie peut se faire partout, c'est une situation de laquelle il faut sortir. Ce qu'on apprend, c'est comment s'en sortir quand on a perdu son sac à dos dans une crevasse, quand on se retrouve seul alors qu'on était dans un groupe de cinq, comment se nourrir et se protéger du froid, quelle eau on peut boire, etc. Et aussi apprendre à ne pas manger".

D'autres acteurs misent sur les expéditions encore plus extrêmes, comme Secret Planet et sa marque Expeditions Unlimited, lancée en 2011, dont l'offre a été développée "dans l'esprit des pionniers" et qui requiert un niveau physique très élevé.

"Nos clients ont été bercés par des rêves d'exploration dans leur enfance. Ils cherchent un dépassement de soi, ils vont puiser dans leurs ressources et aller jusqu'au bout de ce qu'ils sont capables de faire", souligne Eric Bonnem, fondateur de l'agence qui emmène chaque année une trentaine de personnes en expédition extrême.

Autre niveau, autre budget: Expeditions Unlimited propose par exemple la traversée d'ouest en est du Groenland à ski (soit 600 km "dans une nature brute et sauvage, en autonomie complète") pendant 33 jours pour 10.500 euros hors vol, ou encore l'ascension des 7.129 mètres du sommet népalais Baruntse, "isolé par de vastes étendues glaciaires", pour 9.900 euros et 34 jours.

Profitant du succès d'émissions comme Koh Lanta, des voyagistes misent sur le tourisme de "survie" et les expéditions extrêmes, promettant dépassement de soi et autonomie en milieu hostile, le temps d'un week-end ou pour plusieurs semaines.


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