Liban: un marathon marqué par une campagne contre le viol

Liban: un marathon marqué par une campagne contre le viol

Publié le :

Dimanche 11 Novembre 2018 - 12:51

Mise à jour :

Dimanche 11 Novembre 2018 - 12:52
© ANWAR AMRO / AFP
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Par AFP - Beyrouth

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"Je ne vais pas courir, je vais confronter mon violeur": les Libanais ont été nombreux dimanche au marathon de Beyrouth, marqué cette année par une campagne de lutte contre le viol et les violences sexuelles organisée par une ONG.

L'organisation libanaise Abaad milite pour des condamnations en justice plus sévères contre les responsables de violences sexuelles et pour changer la perception de l'opinion publique qui stigmatise souvent la victime et lui fait porter la responsabilité du viol plutôt que de dénoncer l'agresseur.

Dimanche, à l'occasion de la 16e édition du marathon, des militantes d'Abaad, le visage grave et parfois toute de noir vêtues, ont pris place sur le bord de mer, immobiles au milieu de la foule de coureurs qui les dépassaient, en brandissant des pancartes aux slogans percutants en arabe et en anglais, a constaté un photographe de l'AFP.

"Jugez le violeur, pas la victime" ou "Aujourd'hui je ne vais pas courir, je vais confronter ceux qui m'ont fait porter le blâme", pouvait-on notamment lire sur ces pancartes accompagnées du hashtag de la campagne: #MinElFelten? (#ShameOnWho, "Honteàqui")

Selon l'ONG, une femme sur quatre au Liban a été victime d'une forme d’agression sexuelle, et seuls 38% de ces cas sont rapportés.

L'évènement permet d'"attirer beaucoup d'attention sur un sujet encore considéré comme tabou dans le pays et qui devrait rester derrière des portes closes", indique à l'AFP la directrice d'Abaad, Ghida Anani.

Revêtant des voiles noirs couvrant leur visage et des ballons rouges à la main, les militantes ont également organisé une marche, avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire les accusations que subissent parfois les victimes d'un viol: "elle a certainement dû le provoquer", "c'est de sa faute", "elle devait avoir bu". Ces pancartes ont ensuite été remplacées par les slogans de la campagne.

Maria, jeune marathonienne de 16 ans, a salué une prise de position "audacieuse".

"C'est très fort, en général les femmes ont honte d'adopter cette attitude, alors que c'est ce qu'il faut. Il faut dire que le criminel doit être jugé", a estimé la jeune femme.

En août 2017, après une longue mobilisation citoyenne, le Parlement libanais avait abrogé un article décrié du code pénal qui permettait à un violeur d'échapper à une condamnation en épousant sa victime.

Des militantes brandissent des pancartes contre le viol et les agressions sexuelles, lors du 16e marathon de Beyrouth, au Liban, le 11 novembre 2018

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