« Villa Cortez ». Un hôtel de luxe, situé sur l’archipel paradisiaque de Bocas del Toro, au Panama. Dans le jardin, près d’un monticule, un chien aboie. C’est Jackie, la chienne de Cheryl Linda Hughes, une Américaine disparue depuis plusieurs semaines. Le chien veille sur sa maîtresse, qui gît quelques centimètres plus bas sous la terre. Avec elle, d’autres corps. Les enquêteurs qui viennent perquisitionner le lieu le 29 juillet trouvent également dans la maison une boîte contenant des dents en or. Elles appartiennent probablement aux victimes de William Datham Holbert, aussi connu sous le pseudonyme de Wild Bill – Bill le sauvage en français. Propriétaire des lieux, il avait été arrêté le 26 juillet, avec son épouse, au Nicaragua, après une traque de plusieurs jours en Amérique centrale.
Tout commence par l’intervention de Donald Winner, un ancien officier de l’armée américaine. Aujourd’hui reconverti comme entrepreneur de tourisme au Panama, l’homme a persuadé les autorités d’enquêter sur Holbert, après la disparition au mois de mars de Cheryl, une Américaine installée là-bas. «
La première fois que j’ai eu vent du cas, c’est le 29 juin, quand des amis de Cheryl m’ont appelé pour me dire qu’il y avait des cas de personnes disparues à Bocas del Toro », raconte-t-il. Avant sa disparition, elle devait vendre un immeuble dans l’archipel, puis rentrer aux Etats-Unis. Winner enquête et constate, en se rendant au registre public de Panama, que la propriété est désormais au nom de William Cortez. Intrigué, il met au courant le parquet et publie une annonce pour le retrouver. Wild Bill est incarcéré depuis mercredi dernier au Panama, avec sa femme âgée de 27 ans, Laura Michelle Reese.
« Cet homme cherchait des gens qu’il pourrait manipuler »
Wild Bill a avoué le meurtre de cinq Américains, mais dément toujours avoir tué les deux indigènes qui travaillaient pour lui et qui sont pourtant portés disparus. Sa méthode était bien rodée. Il se liait d’abord d’amitié avec des étrangers fortunés à qui il proposait d’acheter des immeubles. Ensuite il les tuait, les enterrait dans sa propriété et mettait leurs biens à son nom. Il avait d’ailleurs donné pour symbole à sa propriété une tête de mort. Wild Bill utilisait un faux nom, et se faisait appeler là-bas William Adolfo Cortez Reese. Aux yeux de tous ceux qui le connaissaient, il passait pour un excentrique particulièrement manipulateur. Surtout depuis qu’il voulait fonder une Eglise dont il serait le premier pape : «
Il créait dans son bar une sorte d’Eglise, le premier “temple des ivrognes”. Et lui était, soi-disant, le premier pape », explique Donald Winner. Et de préciser : «
Cet homme cherchait activement des gens qu’il pourrait manipuler et dominer. Ce Monsieur est un raciste qui défend la suprématie de la race blanche. Il pense que les Blancs sont meilleurs, et que les descendants des Afro-Américains, les Noirs ou les malades du cancer ou du sida doivent mourir. »