Amérique du Nord

Barack Obama est-il encore vert ?

Sylvain Chazot, le mardi 22 septembre 2009 à 16:38

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De plus en plus de voix s'élèvent en Europe pour rappeler à Obama ses promesses électroales en matière d'environnement. Des promesses aujourd'hui effacées par la crise économique et la réforme du système de santé américain malgré certaines idée lancées par le président mardi, à New York. 

Ce n'était qu'une simple boutade, lâchée en janvier 2007 par une confrère journaliste installée à New York : "Je crois que les Américains sont en train de réaliser l'existence du réchauffement climatique." La raison invoquée ? L'absence de chute de neige depuis le début de l'hiver dans Big Apple inquiétait grandement les newyorkais. Ainsi donc, les mentalités évoluaient outre-Atlantique.

Le candidat Barack Obama n'avait lui-même jamais caché son ambition écolo. Le démocrate voulait, notamment, développer les énergies renouvelables pour diminuer la dépendance pétrolière des Etats-Unis. Et au soir du 20 janvier 2009, certains allaient même jusqu'à prétendre finement que le démocrate était non seulement le premier président noir mais également le premier président "vert" de l'histoire des Etats-Unis.

Real Politik

Mais, alors que se dessine le sommet mondial de Copenhague, duquel, on l'espère, naîtront de nouvelles réglementations visant à diminuer les émissions de CO2, le climat n'est plus la priorité du président américain.  Entre la réforme du système de santé et la guerre d'Afghanistan, auxquels se greffe une persistante crise économique et financière, le démocrate ne voudrait pas brusquer son peuple et ses parlementaires, déjà bien échaudés par les propositions du "socialiste". Confrontées à la real politik, les promesses climatiques d'Obama paraissent loin. C'est en tous cas l'avis de plusieurs responsables européens. Lundi, José Manuel Barroso faisait preuve d'un grand pessimisme : "J'avoue que je suis très inquiet sur l'issue de Copenhague, avouait le président de la Commission européenne. Les négociations sont dangereusement proches de l'impasse en ce moment."

Taxe carbone aux frontières

Mardi, à New York, Barack Obama a reparlé climat, invitant les pays émergents comme la Chine ou l'Inde à "faire leur part" du travail contre le réchauffement climatique en adoptant des "mesures vigoureuses". Pour sa part, le démocrate a relancé d'anciennes idées : il veut par exemple supprimer les subventions aux carburants provenant des énergies fossiles.

En Europe, une idée ressurgit, défendue notamment par Nicolas Sarkozy, d'une taxe carbone aux frontières. Comme la France, l'Allemagne a décidé de soutenir cette proposition qui consisterait à taxer les produits importés de pays grandement pollueurs. "Il ne serait pas acceptable que les efforts des pays les plus ambitieux soient compromis par les fuites de carbone qui résulteraient de l'absence ou de l'insuffisance d'action de certains", ont écrit Nicolas Sarkozy et Angela Merkel dans un courrier commun. Si la taxe carbone aux frontières est encore loin d'être mise en place, sa simple hypothèse pourrait, en revanche, être un grand moyen de pression en vue des négociations avant Copenhague. Et inciter les Etats-Unis à agir.

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