
Un site Internet diffuse les messages envoyés le 11 septembre 2001
Sylvain Chazot (avec agence), le jeudi 26 novembre 2009 à 15:44
"Mes pensées sont pour Nicholas, Ian et toi. Je suis terrifiée. J'avais besoin de te dire que je t'aime de tout mon cœur. Pour toujours, Diane." Voici le type de messages consultables sur Internet depuis mercredi dernier. Le site Wikileaks.org vient de mettre en ligne plus de 500.000 messages textuels envoyés par "bippeur" lors des attentats du 11 septembre 2001. L'origine de ces écrits est variée. Certains ont été envoyés par la police de New York, d'autres par les services d'urgence, du Pentagone, ou encore d'ordinateurs rapportant des erreurs de serveurs. Plusieurs ont simplement été composés par des citoyens inconnus et ordinaires, plongés au cœur d'événements extraordinaires.
Le premier message diffusé sur Internet a été envoyé à 3h du matin, soit près de cinq heures avant que le vol American Airlines 11 ne frappe la Tour nord du World Trade Center. Pendant les attaques, les récits diffusés témoignent de l'horreur ambiante. La folie se mêle à l'incompréhension. Certains essayent de décrire les attaques :
"Le World Trade Center vient juste d'exploser, nous avons vu l'explosion par les fenêtres. Teresa..."
A 8h53, la police de New York envoie le texte suivant : "Explosion possible au World Trade Center. Niveau 3 de mobilisation"
"Je veux te serrer dans mes bras"
Souvent, les messages sont des questions posées par des proches inquiets :
"Appelle mon travail dès que tu es à ton bureau s'il te plaît. J'ai besoin de savoir que tu vas bien."
"Si je n'ai pas de tes nouvelles avant midi, je passe prendre Laura à l'école et lui dit que son père est mort."
On s'interroge et on espère via des mots lancés dans le vide. Manque l'assurance que viendra après ces questions la réponse espérée.
Les textes illustrent alors la vérité des derniers instants. La plupart des messages sont empreints d'amour :
"Je veux te serrer dans mes bras."
"Je sais que tu es dans une nouvelle relation et que je ne t'intéresse plus. Mais juste au cas où quelque chose arrive, je veux que tu saches que je t'aime. Tu me manques. Au revoir."
"J'étais un peu inquiète. Je ne veux pas te perdre maintenant que je t'ai récupéré. Tu représentes tout pour moi. Mon cœur et ma vie sont à toi. Je t'aime tellement."
D'autres enfin, se veulent à tout prix rassurant :
"Urgent. C'est Tim. Je vais bien. Appelle-moi à la maison... J'étais à l'extérieur du bâtiment quand il a explosé, mais je vais bien."
Wikileaks ne précise pas comment il a obtenu ces messages. Le site se contente d'affirmer que "ces archives constituent un récit complètement objectif. Nous espérons que ces révélations conduiront à une compréhension plus nuancée des évènements et de leurs conséquences dramatiques."




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