La dépollution des sous-marins nucléaires démarre à Cherbourg

Le sous-marin nucléaire Le Tonnant entre dans le port de Cherbourg, le 11 septembre 2018 - © CHARLY TRIBALLEAU / AFP


Les opérations de dépollution, désamiantage et déconstruction de la première génération de sous-marins nucléaires français ont officiellement débuté mardi à Cherbourg (Manche), avec l'arrivée d'un des bateaux sur le chantier, a annoncé Naval Group.

Le Tonnant est progressivement entré, entre 8h00 et 9h00, dans le bassin de déconstruction, où vont être conduites les opérations, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ce sous-marin est le premier de cinq sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), de 7.000 tonnes chacun pour 120 mètres de long et dix mètres de diamètre qui vont être dépollués et déconstruits à Cherbourg d'ici à 2027 (18 mois par sous-marin). Leur démantèlement nucléaire a lui été achevé en 2017.

Environ 87% de la masse solide (hors liquide) va être "valorisée. Ce qui reste concerne principalement l'amiante, des composants liés, dans des peintures ou des revêtements", pour "quelque chose d'inférieur à 100 tonnes, de la classe 100 tonnes" de déchets amiantés, a précisé Thierry Tesson, directeur des opérations à la direction générale de l'armement (DGA) devant la presse.

Ce marché d'environ 120 millions d'euros, pour les cinq SNLE, a été attribué par la DGA à Naval Group qui a confié à Néom, filiale de Vinci, le désamiantage, et à Veolia la déconstruction elle-même (évaluée à 40 millions d'euros).

"Aujourd'hui, on peut quand même avouer que sur cette première génération de sous-marins, on s'est effectivement pas préoccupé (au moment de la conception, ndlr) de l'art et la manière avec laquelle, on allait déconstruire ces coques", a expliqué M. Tesson interrogé sur ce point par un journaliste.

Une soixantaine de personnes seront mobilisées sur ce chantier, dont une dizaine issues de Naval Group, selon le groupe qui emploie 2.400 personnes à Cherbourg.

Selon la DGA, le coût du démantèlement nucléaire des SNLE est du même ordre de grandeur que celui de la déconstruction. Le coût de construction d'un SNLE était de plusieurs milliards d'euros, selon la même source.

Le Tonnant a été en service 18 ans, de 1980 à 1999. Quatre autres SNLE doivent ensuite être dépollués et déconstruits, dans un ordre qui reste à déterminer: Le Terrible (1973-1996), Le Foudroyant (1974-1998), l'Indomptable (1976-2005), L'Inflexible (1985-2008). Cette première génération de sous-marins nucléaires français inclut également Le Redoutable (1971-1991) qui a déjà été démantelé pour être transformé en musée, pour la Cité de la mer à Cherbourg.

Les Etats-Unis ont déjà mené la déconstruction d'une trentaine de sous-marins nucléaires, selon la DGA.


Voir la version optimisée mobile de cet article