L'Assemblée de Corse renonce à acquérir deux navires de l'ex-SNCM

Le ferry Jean Nicoli de l'ex-SNCM à quai à Ajaccio le 13 février 2016 - © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP/Archives


L'Assemblée de Corse a renoncé vendredi à l'acquisition du Paglia Orba et du Monte d'Oro, deux navires de l'ex-SNCM, sans pour autant abandonner son projet de doter la Collectivité unique de Corse (CDC) d'une compagnie maritime régionale.

Elle est revenue à l'unanimité sur son vote du 6 septembre 2016 qui adoptait le principe de cette compagnie régionale et prévoyait l'achat de ces deux navires pour 10 millions d'euros. Ils vont finalement rester dans le giron de Corsica Linea, l'ex-SNCM rebaptisée après sa reprise par un consortium d'entrepreneurs.

"Ces navires auraient pu être les premiers éléments de notre compagnie maritime. Mais cela ne remet en rien en question notre projet et notre volonté de créer cette compagnie", a insisté vendredi la présidente de l'Office des Transports de la Corse, Vanina Borromei, devant l'Assemblée de Corse, concédant que ce rachat n'était pas "économiquement viable" pour la CDC.

L'Assemblée de Corse s'est prononcée sur la base de l'analyse technique des deux navires, confiée au cabinet d'expertises maritimes et fluviales Charles Evrard. Dans son rapport, rendu en février, le cabinet avait d'abord mis en exergue que le Paglia Orba et le Monte d'Ora, respectivement âgés de 26 et 29 ans, "s'approch(aient) de leur fin de vie, même s'ils sont bien entretenus".

"En mars 2019 et décembre 2020, ces deux navires vont devoir passer des visites poussées ce qui pourrait, potentiellement, entraîner des coûts non négligeables", pointait également les experts. "Pour satisfaire à la réglementation relative aux rejets atmosphériques, les navires devront subir des transformations importantes, ou au minimum des adaptations pour fonctionner avec de nouveaux types de combustibles", ajoutait-il.

Au vu de ces éléments, le cabinet d'expertise avait conclu que ces deux navires n'étaient "pas adaptés dans le cadre d'une prévision d'exploitation à long terme" et que leur rachat par la CDC ne présentait pas d'"opportunité économique".

Initialement, selon le vote de l'Assemblée de Corse de septembre 2016, la CDC aurait dû disposer de ces deux navires dès le 1er octobre 2017.

Mme Borromei a annoncé vendredi une réunion "dès septembre" de la commission chargée d'étudier la faisabilité de la future compagnie régionale, qui donnerait à l'île de Beauté "la maîtrise de ses transports": "nous ne sommes pas à l'abri demain de retomber dans les méfaits du passé", a-t-elle mis en garde, évoquant le naufrage de l'ex-SNCM.


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