A l'IFA de Berlin, la frontière s'estompe entre l'homme et la machine

Le salon l'IFA de l'électronique à Berlin, le 31 août 2016 - © TOBIAS SCHWARZ / AFP/Archives


Invisible mais omniprésente, l'intelligence artificielle transforme cette année à l'IFA, la grand messe européenne de l'électronique qui débute vendredi à Berlin, les appareils du quotidien en compagnons qui pensent, commandent et parlent.

Cette vitrine des innovations technologiques, qui donne souvent le ton pour les achats de Noël, fera cette année la part belle aux appareils ménagers en réseau, aux puissants logiciels intégrés aux smartphones et PC, aux télévisions gigantesques et aux bijoux miniaturisés veillant sur notre forme.

"L'intelligence artificielle et un meilleur contrôle de nos appareils dominent le secteur cette année et génèrent dans tous les segments les dernières innovations", a résumé Hans Joachim Kamp, président de la fédération GFU, organisatrice de l'IFA lors d'une présentation du salon à la presse.

Le marché mondial de l'électronique et de l'électroménager est estimé à 854 milliards d'euros pour cette année (+0,8% en un an), "malgré de sévères crises économiques et une guerre commerciale en cours", note l'organisateur de l'IFA.

Comme l'an dernier, les vedettes de l'IFA sauront donner de la voix: est attendue - mais sans certitude - l'enceinte connectée du coréen Samsung, le Home Galaxy, équipé de son assistant vocal historique, Bixby.

Un an après la présentation en fanfare des modèles comparables de Google et Amazon, l'IFA permettra de mesurer la prévalence réelle de cette technologie, qui doit encore prouver son utilité et sa maniabilité. Selon le cabinet Gartner, fin 2020, 75% des foyers américains seront équipés d'assistants vocaux.

- Biohacking -

Autre vision futuriste, le constructeur LG doit dévoiler son CLOi SuitBot, un exosquelette robotisé conçu pour donner plus de force aux jambes du porteur. Le constructeur prévoit de connecter ces sortes d'échasses mécanisées avec d'autres robots, par exemple un robot nettoyeur.

Le "biohacking", qui intègre aux corps humain des machines allant des implants de puces aux membres robotisés, s'efforcera une nouvelle fois à Berlin de séduire les consommateurs, non sans soulever quelques réticences éthiques.

Plus tournée vers le grand public que son concurrent de Las Vegas (CES) programmé en janvier, l'IFA alignera aussi les produits de grande consommation, allant des téléviseurs toujours plus grands aux casques audios en bluetooth.

L'électroménager connecté veillera sur la paix des ménages en renouvelant seul le stock de café, de tablettes pour la machine à laver ou de filtres à aspirateur.

Au rayon téléphonie, Apple est traditionnellement absent de l'IFA et Samsung a déjà dévoilé le 9 août dernier son nouveau smartphone haut de gamme, le Galaxy Note 9.

- Réalité augmentée -

Ce ne sont d’ailleurs plus les constructeurs de téléphones, y compris le chinois Huawei traditionnellement chouchouté à Berlin, qui font le meilleur chiffre d'affaires au salon.

En revanche, cette édition s'annonce décisive pour les applications de réalité augmentée, encore exotiques pour le quidam.

Cette technologie, qui peine à convaincre, permet de superposer à la réalité des éléments (sons, images 2D, 3D, vidéos) calculés par un système informatique en temps réel, comme le font, par exemple, les filtres photos d'Instagram.

"Il y a de plus en plus de technologies disponibles (lunettes, lentilles ou casques ndlr), qui intègrent des contenus de très bonne qualité, de Harry Potter en réalité augmentée aux applications de shopping", note Klaus Böhm, du cabinet Deloitte, alors qu'Ikea a lancé son application pour agencer au mieux son mobilier chez soi.

Enfin, certains seront transportés de bonheur à l'idée de découvrir les derniers gadgets en terme de mobilité urbaine - monocycles à moteur, skates et hoverboard. A tester uniquement sur la moquette de l’IFA... car toujours illégaux sur la voie publique en Allemagne.


Voir la version optimisée mobile de cet article
Poursuivre sur Francesoir.fr