50 ans du crash du vol Ajaccio-Nice: la vérité demandée par familles et politiques

Les proches des victimes du crash du vol Air France Ajaccio-Nice en 1968 entrent dans le mausolée dédié aux victimes de l'accident, le 11 septembre 2018 au cimetière d'Ajaccio en C - © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP


Le 11 septembre 1968, le vol Air France Ajaccio-Nice s'est abîmé au large d'Antibes. Cinquante ans plus tard, familles et élus politiques ont rendu hommage aux 95 victimes, lundi à Nice et mardi à Ajaccio, en demandant de nouveau la levée du secret défense.

La caravelle d'Air France "s'est abîmée en mer (...) suite au tir accidentel d’un missile non armé qui aurait touché le réacteur gauche", a affirmé mardi lors d'un discours au cimetière marin d'Ajaccio Mathieu Paoli, le président de l'association des familles des victimes.

L'association qui soupçonne l'armée d'avoir procédé le jour de l'accident à des manœuvres avait fait rouvrir le dossier en portant plainte en 2012 pour "soustraction et recel de preuves".

En avril dernier, le juge niçois Alain Chemama avait relancé l'enquête en requérant officiellement auprès du Premier ministre, Edouard Philippe, une levée du secret défense. Cette requête a été renvoyée par le Premier ministre au juge qui l'a alors transmise à tous les ministères, a précisé à l'AFP M. Paoli, qui a perdu ses deux parents dans la catastrophe.

"Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a écrit au juge vendredi dernier pour lui indiquer qu’il avait bien reçu sa requête, qu’il demandait à ses services de rechercher les documents sollicités, et qu'il saisirait la Commission secret défense", a-t-il ajouté.

Cette commission, dont les avis sont généralement suivis, a deux mois pour se prononcer une fois saisie.

Lors de son discours, M. Paoli a dénoncé un "secret d'Etat" assurant que "depuis 50 ans, les gouvernements nous mentent". "Le combat continuera jusqu'à la vérité", a-t-il promis.

Le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni a indiqué à l'AFP s'être entendu avec le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli, le maire de Nice Christian Estrosi et le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni pour écrire ensemble solennellement au président Emmanuel Macron afin de demander la levée de ce secret défense.

L'hommage à ces 95 victimes dont 13 enfants s'est déroulé en deux temps, lundi à Nice et mardi à Ajaccio, en présence des familles, de Christian Estrosi, Laurent Marcangeli, Gilles Simeoni et à Ajaccio de Jean-Guy Talamoni.

A Nice et Ajaccio, un message de soutien aux familles du pape François a été lu et le groupe de polyphonies corses I Muvrini a chanté la messe du souvenir.

Le vol AF 1611, qui devait relier Ajaccio-Nice en 45 minutes, s'était abîmé trois minutes avant son atterrissage le 11 septembre 1968.

Après la catastrophe, une enquête pour "homicide involontaire" avait débouché sur une ordonnance de non-lieu le 26 juin 1973. Les faits avait été prescrits en 1976.


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