"Arctique", manifeste théâtral contre le réchauffement climatique

Mélanie Zucconi et Philippe Grand'Henry dans "Arctique" de la Belge Anne-Cécile Vandalem, le 17 juillet 2018 à Avignon - © Boris HORVAT / AFP


En 2025, le dernier ours polaire viendra se venger de nous: la metteuse en scène belge Anne-Cécile Vandalem offre une vision cauchemardesque de l'avenir dans sa pièce écolo-politique "Arctique", présentée au Festival d'Avignon.

Comme pour sa précédente pièce "Tristesses" --un thriller qui mettait en avant la montée du populisme--, la Belge choisit la forme du polar pour parler de la situation actuelle au Groenland, île autonome danoise située entre l'océan Arctique et l'océan Atlantique.

Riche en ressources naturelle mais sous-exploité, ce large territoire recouvert de glace aux trois quarts, est menacé par le réchauffement.

Dans la pièce, située en 2025, sept personnages sont à bord de l'"Arctic Serenity", un ancien navire de croisière qui aurait dû contribuer au développement touristique du Groenland.

Mais le paquebot fut victime dix ans plus tôt d'un accident, provoquant la mort d'une militante écologiste qui dénonçait l’exploitation du Groenland par des multinationales minières et pétrolières.

Ayant répondu à une invitation mystérieuse, les personnages, qui portent tous une culpabilité dans l'accident, sont soudain abandonnés au milieu des eaux internationales et se rendent comptent qu'ils sont l'objet d'une vengeance.

Vandalem réussit le tour de force de "reconstituer" le bateau: la scène représente sa salle principale, tandis que l'action sur le pont et dans les couloirs est filmée dans les coulisses et visionnée en même temps sur un écran.

Le va-et-vient incessant des personnages entre les deux espaces crée une incroyable tension tout au long du spectacle non dénué d'humour et construit à la manière des "Dix petits nègres" d'Agatha Christie.

A un moment de la pièce, un énorme ours polaire en peluche débarque sur scène, menaçant.

"C'est une métaphore de cette nature qui se venge; cet ours qui est censé ne plus exister, revient pour reprendre son territoire", explique à l'AFP Anne-Cécile Vandalem, qui a visité le Groenland et interrogé habitants et chercheurs.

"La situation en Arctique est vraiment préoccupante, la répartition du territoire est en train de se faire entre les grandes puissances car c'est là que se trouvent les dernières richesses de la planète", poursuit cette metteuse en scène.

Elle révèle avoir été étonnée par le fait que certains habitants du Groenland voyaient le réchauffement climatique comme une aubaine, puisqu'il ouvrait la voie aux métiers de tourisme et de mine.

Le Groenland suscite aussi bien les appétits occidentaux, russes que chinois du fait de sa position géographique.

La pièce de Vandalem sera à l'affiche du théâtre parisien de l'Odéon en janvier.


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